Constellation

         du DRAGON

Le Dragon est l’une des 48 constellations identifiées par Ptolémée dans l'Almageste.

 

Constellation de forme sinueuse, on la retrouve dans de nombreux mythes,  dragon ou serpent, de la déesse sumérienne Tiamat en passant par le dragon terrassé par saint Georges.

Le Dragon est l'une des constellations circumpolaires qui ne passe jamais sous l'horizon pour les observateurs situés à au moins 35 degrés de latitude nord. Les anciens le voyaient condamné à faire indéfiniment le tour de l'étoile polaire, la queue en premier, sans jamais se reposer.

Le Dragon s'enroulant autour du pôle nord céleste.

Constellation du Dragon dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690.

Johannes Hevelius Draco.jpg

Le Dragon est la huitième constellation du ciel par la taille. Elle est composée d'une longue suite d'étoiles qui longe une partie de la Petite Ourse.  Malgré sa longueur, elle ne contient pas d'étoile véritablement brillante.

MYTHOLOGIE

Cette constellation est associée à plusieurs récits de la mythologie grecque :

 

  • Ce serait le dragon qui attaqua la déesse Athéna lors de la guerre entre les dieux de l'Olympe et les Titans, appelée Titanomachie, lorsque les Titans combattirent les dieux de l'Olympe pendant « dix grandes années divines » (soit plusieurs siècles humains). Au cours de cette bataille, Draco fut tué par Athéna, qui le projeta ensuite au ciel. Dans le processus, le corps de Draco se tordit et se figea autour du pôle nord céleste, avant que de pouvoir se redresser.

  • le dragon tué par Cadmos près du lieu où ce-dernier fonda Thèbes,

  • ou celui qui gardait la Toison d'or,

  • ou bien encore le dragon Ladon, qui gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides et qui fut tué par Héraclès.

Draco

"Draco and Ursa Minor", planche 1 extraite du Miroir d'Uranie, un ensemble de cartes célestes accompagné d'un traité de vulgarisation sur l'astronomie de Josaphat Aspin.

 Londres. Carte astronomique, tirage sur carton. 1825. Eau-forte, coloriée à la main.

Les représentations des constellations dans Le Miroir d'Uranie sont des reconstitutions de celles de A Celestial Atlas d'Alexander Jamieson, publié environ trois ans plus tôt, et incluent des éléments uniques différents de l'atlas du ciel de Jamieson, y compris la nouvelle constellation de Noctua (La Chouette) et "Norma Nilotica" - un appareil de mesure des crues du Nil - tenu par Aquarius, le porteur d'eau.

Dans l'Égypte ancienne, l'étoile principale du Dragon (alpha Draconis) était connue sous le nom de «Thuban», ce qui signifie «tête du serpent».

Lors de la conception des pyramides, les Égyptiens ont veillé à ce que toutes les pyramides aient un côté orienté au nord, avec une entrée alignée géométriquement de sorte que Thuban soit visible la nuit.

Dans l'astronomie arabe traditionnelle, le Dragon n'était pas représenté comme un dragon ; au lieu de cela, il était vu comme faisant partie d’une plus grande constellation, appelée la «mère chamelle» (al’awa’id). Il s'agissait de deux hyènes (ou loups) représentés par Eta Draconis et Zeta Draconis attaquant un bébé chameau (un poulain) - représenté par une étoile sombre près de Beta Draconis. Ce poulain était protégé par quatre chamelles représentées par Beta Draconis, Gamma Draconis, Nu Draconis et Xi Draconis. Le trépied d'étoiles à proximité, composé d'Upsilon, Tau et Sigma Draconis, représentait les nomades qui possédaient les chameaux et campaient à proximité.

Dragon

Draco, le Dragon dans le Celestial Atlas d’Alexander Jamieson - 1822

Draco, John Bevis 1750

 Bevis calqua son atlas sur celui de Bayer, avec une précision améliorée dans le positionnement des étoiles, avec l'inclusion de plusieurs étoiles qui avaient été récemment découvertes. Il réussi même à faire graver les planches de son atlas et à faire imprimer un catalogue d'étoiles, mais la faillite de son imprimeur a abouti à la séquestration des plaques par les tribunaux et la « Bevis Uranographia », comme on devait l'appeler, ne fut jamais publiée. Par chance, un certain nombre d'impressions ont été imprimées à partir des planches avant de disparaître, et presque tous ces ensembles de prépublications - seize en tout - sont encore conservés dans diverses bibliothèques à travers le monde.

Draco Hyginus

Mention du mythe du Dragon par Hyginus dans le Clarissimi Viri Iginii Poeticon Astronomicon en 1482.


Le « Poeticon Astronomicon » était l'une des principales sources littéraires de l’antiquité sur les constellations. L'ordre des constellations suit celui du catalogue de l'Almageste de Ptolémée, de sorte que l'œuvre peut dater du IIe siècle après J.C. ou plus tard. Il a été édité pour la première fois en 1482.

La constellation est peu brillante et il faut de bonnes conditions pour la suivre dans son entier.

On voit tout d'abord une paire d'yeux, qui sont visibles (Mag 2) bien avant le reste de la constellation. La tête du Dragon forme un astérisme appelée le Losange. C'est un losange régulier très allongé, constitué des deux yeux (β et γ Draconis), de la bouche (ξ Draconis), et du symétrique de la bouche par rapport aux yeux (ι Her).

La queue du Dragon est parallèle à la tête de la Petite Ourse, puis tourne à droite vers le cœur du Dragon.

Le cœur du Dragon, η Dra, est l'étoile relativement brillante située dans l'alignement que forme la tête de la Petite Ourse. Le cœur du dragon est au centre d'un petit alignement de trois étoiles, qui marque la deuxième direction du corps du Dragon. Cet alignement était autrefois le ventre du Dragon.

Le « corps du dragon » actuel n'a pas de forme très nette, suivant les conditions de visibilité on peut y voir un rectangle ou un pentagone très écrasé.

Autrefois, la petite Ourse faisait partie du Dragon, dont elle constituait l'aile. Le Dragon était alors beaucoup plus majestueux, avec la tête de la Petite Ourse constituant l'articulation de l'aile et la limite du corps du Dragon, et la chaîne vers Polaris marquant le bord de l'aile.

Draco Bode

Draco, le Dragon vu par Bode dans l'Uranographia - 1801

Les étoiles du Dragon

 

Thuban

De magnitude apparente 3,67, Thuban est une étoile géante chaude (9 200 K) de type spectral A0III, 250 fois plus lumineuse que le Soleil et distante de 310 années-lumière. C’est également une étoile double, son compagnon — invisible depuis la Terre — tourne autour d’elle en 51,4 jours, à une distance de 61 millions de kilomètres. Il s’agit probablement d’une étoile blanche de la séquence principale un peu plus froide que l'étoile primaire, peut-être de type spectral A2.​

Du fait de la précession des équinoxes, Thuban indiquait presque exactement le pôle nord céleste il y a 4 800 ans, lors de l’apogée de la civilisation égyptienne antique et il semblerait que certains temples égyptiens furent construits alignés sur Thuban. Elle se trouve désormais à plus de 25° du pôle.

Le nom de Thuban provient de l’arabe et signifie « serpent », nom arabe de la constellation du Dragon. Elle est parfois désignée par Adib, de l’arabe Al Dhi’bah qui signifie « les hyènes », une expression générique de plusieurs étoiles de cette partie du ciel. Elle était aussi parfois appelée la queue du Dragon.

 

Rastaban


Beta Draconis (β Dra / β Draconis, Bêta Draconis) est la troisième étoile la plus brillante de la constellation.  C'est une supergéante jaune de type spectral G4 avec une magnitude apparente de 2,79 dont la distance au Soleil est de 361 années-lumière. Etoile binaire appelée ADS 10611 dont la période est d'environ quatre mille ans, son compagnon est une étoile naine.

De l'arabe ra's ath-thu'ban ("tête du serpent") et plus rarement orthographié Rastaben, Rastaban est également parfois utilisé pour l'étoile Gamma Draconis. Rastaban est aussi appelée Asuia et Alwaïd, ce deuxième nom signifiant "qui doit être détruit", bien qu'il puisse être le rattaché à l'arabe al'awwad ("le joueur de luth"). Elle fait partie de l'astérisme des Chamelles (en arabe al'awa'id), constitué des quatre étoiles de la tête du Dragon, qui peut également avoir influencé cet autre nom.

En astronomie chinoise, elle fait partie de l'astérisme Tianpei, qui représente un fléau d'agriculture ou bien un épieu.

Le nom traditionnel Rastaban est quelquefois utilisé pour Gamma Draconis.

ELtaNin

Etoile géante de couleur orange, de magnitude 2,2 et de type spectral K5, Gamma Draconis (γ Dra, γ Draconis) est située à 148 années-lumière. Il s'agit de l'étoile la plus brillante de la constellation , surpassant Bêta Draconis d'une demi-magnitude.

Appelée par plusieurs noms traditionnels (Eltamin, Eltanin ou Etamin de l'arabe التنين), le nom propre Eltanin a été officialisé par l'Union astronomique internationale le 21 août 2016.  Le nom de Rastaban (variante : Rasaben), aujourd'hui attribué à Beta Draconis mais qui était aussi parfois attribué à Gamma Draconis, est tiré de l'Arabe et signifie « serpent » ou « dragon ». À cause de sa proximité avec le Zénith de Londres, elle est aussi appelée par les Anglais "Étoile du Zénith".

En astronomie chinoise, elle fait partie de l'astérisme Tianpei, qui représente un fléau d'agriculture ou bien un épieu.

En 1725, lors d'une tentative infructueuse de mesurer la parallaxe de cette étoile, James Bradley découvrit l'aberration de la lumière, résultante du mouvement de la Terre autour du Soleil. Ce phénomène optique traduit le fait que la direction apparente d'une source lumineuse dépend de la vitesse de celui qui l'observe (plus exactement de la composante de cette vitesse perpendiculaire à la direction d'observation), de la même façon que pour un passager d'un véhicule qui se déplace par exemple à l'horizontale, la pluie semble tomber depuis une direction située vers l'avant, et non selon la verticale. Il fallut près de deux ans à James Bradley avant de comprendre ce phénomène et le publier.

Il fournit ainsi la première confirmation scientifique de la rotation de la Terre autour du Soleil par l'observation des étoiles.

Nodus Secundus


Géante jaune / orange G9III, d'une magnitude de 3,07, située à environ 97 années-lumière, Nodus Secundus, Delta Draconis, signifie le deuxième nœud en latin, car représentant la deuxième boucle du corps serpentiforme du Dragon.

Tyl 

Epsilon Draconis, nommée Tyl de l'arabe signifiant la chèvre, rappelle l'époque où les quatre étoiles constituant la deuxième boucle corps du dragon (delta, epsilon, pi, rho) actuellement représentaient alors une chèvre. C'est une géante jaune G7III, magnitude 4,0, à environ 150 années-lumière.

DracoUAI.jpg

Roger Sinnott & Rick Fienberg, Sky and Telescopes