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Nuit du 16 mai 2018

C11 Edge HD ATIK 4000 Paramount ME - Nerpio Espagne.

traitement : Pixinsight

poses unitaires de 150 s : 10L 17R 24G 15B

NGC 6207

Interférométrie HI - Interférométrie CO

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Introduction

NGC 6207 (= PGC 58827= GC 4231 = JH 1969 = WH II 701) est une galaxie spirale de type SA C (Buta, 2019) (SAB (rs) cd selon de Vaucouleurs) de magnitude 11.86 située à une distance de 20.3 ± 3.4 Mpc  découverte le 16 mai 1787 par William Herschel dans la constellation d’Hercule.


John Dreyer l'a décrite comme "plutôt lumineuse, plutôt grande, étendue à 45°, très progressivement beaucoup plus brillante vers le centre".


Elle est située juste à côté du grand amas d'Hercule.


Taille apparente : 3.0’ x 1.2’

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Crop dans l'image

Description

Il est plutôt rigolo de constater qu’une étude de cette galaxie a été faite avec un télescope du même nom que celui de son découvreur.

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NGC 6207 vue par Hubble (source:  news@sky)

Un peu de science

Cette publication, datant de 2015, s’est intéressée aux données cinématiques intra-galactiques d’une trentaine de galaxies spirales à travers l’étude du rayonnement Hα par l’interféromètre Fabry-Perot (FP) du Télescope William Herschel à La Palma.


Au cours du 20ème siècle, la plupart des observations optiques étaient basées sur la spectroscopie à longue fente pour explorer les courbes de rotation des galaxies. L’idée de cette étude était donc de s’intéresser à l'évolution et aux propriétés des principaux composants structuraux d’une trentaine de galaxies dont NGC 6208 à travers l'analyse cinématique des données Hα complétée par des études de morphologie, du taux de formation d'étoiles et de la distribution de masse grâce à la spectroscopie 3D (qui inclue aussi les techniques dites IFU et de spectroscopie longue-fente et multi-objets).


Effectivement, les mesures de vitesse radiale étaient traditionnellement effectuées à travers l’observation de la raie HI (à 21 cm) car cette raie (de l'hydrogène neutre) permet d'étudier la plus grande partie de la teneur en gaz des galaxies, classiquement étendu jusqu’à trois ou quatre fois le disque visible dans le spectre optique. L'inconvénient des méthodes HI est par contre leur mauvaise résolution angulaire. Une alternative intéressante consiste à observer la raie « CO », avec une résolution angulaire nettement supérieure (comparable à l’ « optique ») et une résolution spectrale élevée (de un à plusieurs km/s), mais avec de très petits champs.


Les observations optiques (Hα, NII) fournissent donc des données de résolution angulaire élevée. Hα est souvent la raie d'émission la plus brillante dans la gamme des longueurs d'onde visibles en raison de l'abondance cosmique de l'hydrogène. Dans les galaxies spirales, cette ligne permet de tracer principalement le gaz ionisé dans les régions HII autour des jeunes étoiles massives.


Ainsi, l’interférométrie FP est l'une des meilleures méthodes pour obtenir des informations détaillées sur la cinématique des galaxies. Les cartes de vélocité dérivées en utilisant la spectroscopie 3D reproduisent le champ de vitesse complet, contrairement aux spectres à longe fente. Les observations Hα utilisant des interféromètres PF sont utilisées depuis une quarantaine d'années et ont été conçues pour dériver les champs de vitesse de galaxies proches et pour créer des courbes de rotation à haut rapport signal / bruit.


En 2007 la mise en route de l’interféromètre Galaxy Hα Fabry-Perot (GHαFaS) sur le télescope William Herschel (WHT) à La Palma a permis de nombreuses publications sur la vitesse des barres et des bras spiraux des galaxies, sur la cinématique de nébuleuses planétaires, sur les flux gazeux, sur l’étude de la formation desétoiles et sur la cinématique des galaxies en interaction et au sein galaxies à sursauts de formation d'étoiles. Il a également été utilisé pour étudier les rayons de résonance et les motifs de résonance imbriqués au sein disques de galaxies.

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Dans cette étude, les auteurs se sont plus particulièrement intéressés aux mouvements non circulaires au sein des galaxies, en particulier ceux trouvés le long des barres et au sein des bras en spirale, avec réalisation des cartes de mouvement résultantes, des courbes de rotation et de modèles de vélocité. Pour rapperl, les barres sont habituellement dominées par des populations d'étoiles anciennes et, dans certains cas, ne montrent pas d'émission Ha (par exemple, NGC 4639, NGC 5334 ou NGC 5921). NGC 6207 présente quant à elle une barre clairement définie en Hα avec des mouvements non circulaires le long de la barre.


Toutefois, les données récoltées ont révélé que l'amplitude des mouvements non circulaires créés par la barre ne correspondaient pas aux indicateurs de résistance de la barre et que l'amplitude de ces mouvements non circulaires dans les bras en spirale n’étaient pas non plus corrélés avec la classe de bras ou le taux de formation d'étoiles le long des bras spiraux, ce qui impliquerait que la présence et l'amplitude des mouvements de flux dans les bras galactiques serait donc liés à des phénomènes locaux.


Par ailleurs, la surveillance photométrique (entre autre toujours avec le télescope de 4 m 20  William Herschel de La Palma, décidément), et spectroscopique de SN 2004A (supernova de type II-P normal) découverte dans NGC 6207 environ deux semaines après son explosion a permis d’estimer en 2005 la distance de NGC 6207 à 20.3 ± 3.4 Mpc.

Il s’agissait probablement d’une supergéante rouge de masse 9 +3−2 M⊙. (cf image de la galerie scientifique).


Robert Calhizac nous en avait proposé une image à l'époque sur Astrosurf, que j'ai intégré dans la galerie scientifique.


Références :

Hα kinematics of S4G spiral galaxies - II. Data description and non-circular motions. S. Erroz-Ferrer, J. H. Knapen, R. Leaman, M. Cisternas, J. Font, J. E. Beckman, K. Sheth, J. C. Munoz-Mateos, S. Diaz-Garcia, A. Bosma, E. Athanassoula, B. G. Elmegreen, L. C. Ho, T. Kim, Eija Laurikainen, I. Martinez-Valpuesta, S. E. Meidt and H. Salo. Mon. Not. R. Astron. Soc. 000, 1–?? (2015)


SN 2004A: Another Type II-P Supernova with a Red Supergiant Progenitor. M. A. Hendry, S. J. Smartt, R. M. Crockett, J. R. Maund, A. Gal-Yam, D.-S. Moon, S. B. Cenko, D. W. Fox, R. P. Kudritzki, C. R. Benn , R. Østensen. Mon. Not. R. Astron. Soc. 000, 000–000 (2005)

Date  de création : 

Date  de modification :

29 06 2018

05 05 2021