Constellation

         du LION

Comme toutes les constellations du Zodiaque, le Lion a des origines très lointaines dans l'Antiquité. Mentionnée par Aratus, puis par Ptolémée dans son Almageste, elle représente le lion de Némée de la mythologie grecque, tué par Héraclès lors du premier de ses douze travaux. C’est l'une des constellations les plus facilement reconnaissables en raison de ses nombreuses étoiles brillantes et d'une forme distinctive qui évoque un lion accroupi.

La crinière et les épaules du lion forment également un astérisme connu sous le nom de « faucille », qui ressemble à un « point d'interrogation » inversé.

Constellation du Lion  dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690.

Johannes_Hevelius_-_Leo_edited.jpg

Photographie à champ large  de la constellation par Akira Fujii (@mount David)

Tracé UAI Jean-Brice Gayet

Les constellations du zodiaque font partie de cette zone du ciel qui s'étend à environ 8 ° au nord et au sud en latitude céleste de l'écliptique, et où se font les trajectoires apparentes du Soleil, de la Lune et des planètes sur la sphère céleste au cours de l'année. Fondé sur des concepts hérités de l'astronomie hellénistique et de l'astronomie babylonienne de la période chaldéenne (milieu du 1er millénaire avant JC), le zodiaque dérive d'un système antérieur de listes d'étoiles le long de l'écliptique. La construction du zodiaque est décrite dans l’Almageste par Ptolémée au 2ème siècle après J.-C. et, bien que le zodiaque soit la base du système de coordonnées écliptiques utilisé en astronomie en plus du système équatorial, le terme et les noms des douze signes sont aujourd'hui principalement associés à l'astrologie horoscopique.

 

La constellation voisine de la Chevelure de Bérénice était autrefois considérée comme un simple astérisme dans le Lion avant d'en être détachée.

Leo Leo Minor constellation Tyrion Jean-Brice GAYET

Vue du Lion et du Petit Lion dans le Sky Atlas 2000.0 de Tirion

MYTHOLOGIE

Le Lion est l'une des premières constellations connues, avec des preuves archéologiques de l’existence d’une constellation similaire dans la civilisation Mésopotamienne dès 4000 ans avant notre ère. Les Perses appelaient le Lion Ser ou Shir; les Turcs, Artan; les Syriens, Aryo; les Juifs, Arye; les Indiens, Simha, toutes dénominations signifiant «  le lion ». Certains mythologues pensent qu'à Sumer, le Lion représentait le monstre Humbaba, tué par Gilgamesh.

Dans l'astronomie babylonienne, la constellation s'appelait UR.GU.LA, « le Grand Lion », Regulus étant alors connue comme « L'étoile qui se tient à la Poitrine du Lion », avec une distinction particulière car elle était aussi appelée l’« Etoile Royale ».

Dans la mythologie grecque,

 

Ératosthène et Hyginus affirmaient tous les deux que le Lion avait été placé dans le ciel parce qu'il était le roi des animaux, mais dans la mythologie grecque, le Lion était identifié comme le lion de Némée tué par Héraclès (Hercule chez les Romains) pour l'accomplissement du premier de ses douze travaux.  

De filiation incertaine, il est dit que le Lion était le rejeton d'Orthos, le chien de Géryon, et de la Chimère ou d'Échidna, à l'instar du Sphinx de Thèbes. Une autre tradition lui attribuait pour père Typhon, sans préciser qui aurait été sa mère ; tandis qu’une autre encore mentionnait Séléné, déesse de la lune, pour mère., il présentait la particularité d'avoir une peau impénétrable et faisait régner la terreur dans la région de Némée, en Argolide.

Le premier travail qu'Eurysthée imposa à Héraclès pour lui faire expier le meurtre de sa femme et de son fils fut de tuer et de ramener la peau du lion de Némée, une bête redoutable qui ravageait l'Argolide.

Lion Leo Constellation Fortin Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Constellation du Lion .Carte des étoiles de 1776.  Atlas Céleste de Flamsteed de Fortin

Ce lion, dont la peau était si dure que ni le fer ni l'airain ne pouvait l'entamer, était la progéniture monstrueuse d'Echidna et de Typhon selon Apollodore, ou de Chimère et du chien Orthros, eux même enfants d'Echidna, selon Hésiode. D’autres auteurs, comme Epiménide de Cnossos, avançaient qu'il était l'œuvre de Séléné ; soit son propre enfant, soit une création à partir de l'écume de mer faite à la demande d'Héra, qui l'éleva comme l'indique Hésiode.

 

" Du commerce de ce monstre avec Orthros sortit le Sphinx, fléau des Thébains, et ce lion qu’éleva l’auguste épouse de Zeus, et qu’elle lança sur les fertiles plaines de Némée pour le malheur de leurs habitants. "

(Théogonie 329)

 

Parvenu à Cléonae, à mi-chemin entre Corinthe et Argos, Héraclès logea chez un berger (ou un agriculteur) du nom de Molorchos (qui signifie jardinier), dont le lion avait tué le fils. Un jour, comme Molorchos était sur le point d'offrir son seul bouc en sacrifice à Héra pour obtenir ses faveurs, Héraclès le retint et lui demanda d'attendre un mois avant d’offrir le sacrifice au héros s’il venait à être tué, ou à Zeus Soter (Zeus sauveur) s'il revenait vivant. Puis Héraclès partit à Némée, mais, comme le lion avait dépeuplé la région, il ne trouvait personne pour le renseigner, mais ni non plus aucune empreinte du fauve.

Superposition de la constellation avec la représentation du Lion par Hevelius

Après avoir d'abord cherché sur le mont Apesas, du nom d'Apesanlus, un berger que le lion avait tué, Héraclès se rendit au mont Trétos où il aperçut enfin le lion qui revenait vers sa tanière, maculé du sang de sa dernière victime. Il décocha une volée des redoutables flèches offertes par Apollon sur le fauve, mais elles rebondirent toutes sur sa peau épaisse et le lion se contenta de se lécher le poil. Héraclès sorti alors son épée, et voulut porter un coup de taille à la bête, mais il la brisa sur l’échine du fauve. Finalement, il brandit sa massue et assena un coup fantastique sur la gueule du lion. Ce-dernier se réfugia dans sa tanière en secouant la tête, tant ses oreilles lui tintaient.

 

Héraclès, après avoir contemplé sa massue brisée, pénétra dans l’antre du fauve, non sans avoir fermé la seconde issue de l'antre à l’aide d’un filet. Sachant à présent qu'aucune arme ne lui servirait de rien contre le monstre, il se résolut à engager la lutte au corps-à-corps. Le lion lui coupa un doigt d'un coup de dent mais, lui ayant saisi la tête, Héraclès lui fit ployer l’échine et le serra avec tant de force qu'il étouffa la bête.

Héraclès revint à Cléonae le trentième jour, portant la dépouille du lion sur ses épaules, et il fit avec Molorchos un sacrifice à Zeus Sauveur.

 

Héraclès ne savait comment s'y prendre pour écorcher le lion tant sa peau était résistante, jusqu'à ce qu'il ait l'idée d'utiliser les propres griffes du fauve, plus tranchantes qu’un rasoir. Il en revêtit ensuite la peau invulnérable et s'en fit une armure qu’il porta tout le long de ses travaux ultérieurs, utilisant la tête du lion comme casque.

 

Le lion fut mis au nombre des constellations par Zeus, pour perpétuer l'exploit d'Héraclès.

 

Le poète romain Ovide l'appelait Herculeus Leo et Violentus Leo. Bacchi Sidus (" Etoile de Bacchus ") était un autre de ses titres, le dieu Bacchus étant toujours identifié à cet animal. Cependant, Manilius l'a appelé Jovis et Junonis Sidus (" Etoile de Jupiter et de Junon ").

Lion Leo Constellation Hevelius Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

La constellation du Lion vue différemment par Johannes Hévélius. Uranographia 1690.

Dans la mythologie hindoue, l'étoile qui équivaut à l’Hydre est Ashlesha.

La tête de l’Hydre était connue sous le nom de «Min al Az'al», signifiant «appartenant à l'endroit inhabité» en arabe.

Dans l'astronomie chinoise, l’Hydre contenait trois constellations qui ont données leur nom aux Loges Lunaires. La première d'entre elles était Liu, également connue sous le nom de la 24e Loge Lunaire. Liu se composait des étoiles que nous visualisons à la tête de l’Hydre (Theta, Omega, Zeta, Rho, Epsilon, Delta, Sigma et Eta Hydrae) mais dans l'astronomie chinoise, elle marquait la tête de l'Oiseau Vermillon du Sud. Liu signifiant saule, symbole traditionnel du deuil et de la renaissance, il peut être significatif dans ce contexte que la Loge Lunaire précédente (dans le Cancer) ait été appelé Les Fantômes. Les constellations chinoises avaient souvent plus d'une signification, et dans le cas de Liu, elle aurait également représenté un chef. Il est idéalement placé dans le ciel, immédiatement au nord de Waichu, La Cuisine Extérieure, où les animaux étaient préparés pour le sacrifice. Waichu se composait d'un anneau de six étoiles, dont C et F Hydrae.

 

Au sud de Waichu se trouvait une seule étoile (probablement 12 Hydrae, bien qu'également identifiée dans certaines sources comme Lambda Velorum) appelée Tianji, représentant un évaluateur qui devait décider si les animaux étaient assez vieux pour être sacrifiés. On retrouve ainsi un exemple assez typique du Ciel Chinois, où plusieurs constellations d’une même zone composent un thème?

A proximité de la queue de l’Hydre, Gamma et Pi Hydrae formaient Ping, représentant un juriste ou un juge de la cour d'appel. Deux autres constellations chinoises, près de la pointe de la queue de l'Hydre présentaient aussi un thème juridique : Dunwan (peut-être 54 et 58 Hydrae, mais aussi placée par certains dans Lupus) qui symbolisait les procès et les interrogatoires et Zhewei, sept étoiles pâles à cheval sur la frontière avec la Balance, représentant des bourreaux ou des décapitations.

Lion Leo constellation Urania's Mirror Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

"Leo Major and Leo Minor", planche 20 du Miroir d'Uranie, un ensemble de cartes célestes accompagnées d'un traité familier d'astronomie par Jehoshaphat Aspin. Londres. Carte astronomique, tirage sur carton. 1825. Eau-forte, coloriée à la main.

Les étoiles du Lion

 

Regulus

α Leonis est l'objet le plus brillant de la constellation du Lion et l'une des étoiles les plus brillantes du ciel nocturne , située à environ 79 années-lumière du Soleil. Il s’agit d’un système d'étoiles quadruple organisé en deux paires. Regulus A, binaire spectroscopique, se compose d'une étoile de la séquence principale bleu-blanc et de son compagnon, qui n'a pas encore été observé directement, probablement une naine blanche. HD 87884 est séparée de Regulus par 176″ et est elle-même une binaire proche.

Regulus, ainsi que 5 étoiles légèrement plus faibles (Zeta Leonis, Mu Leonis, Gamma Leonis, Epsilon Leonis et Eta Leonis) ont été collectivement appelées `` la faucille '', un astérisme qui marque la tête de du Lion.

Régulus, du latin « roitelet » avec son ​​équivalent grec (latinisé) Basiliscus, est également connue sous le nom de Qalb al-Assad, de l'arabe قلب الأسد, qui signifie « le Cœur du Lion », nom déjà attesté dans le grec Kardia Leontos et dont l'équivalent latin est Cor Leonis.

En chine, elle était connue sous le nom de 轩辕 十四, La Quatorzième Etoile De Xuanyuan, L'empereur Jaune.

Dans l'astronomie indienne, Regulus correspond au Nakshatra (un secteur le long de l'écliptique) nommé Magha (« le généreux »).

Les Babyloniens l'appelaient Sharru (« Le Roi »), et elle marquait la 15e constellation de l’écliptique. En Inde, elle était connue sous le nom de Maghā (« Le Puissant »), en Sogdiana Magh (« Le Grand »), en Perse Miyan (« le Centre ») et aussi sous le nom de « Venant », l'une des quatre "étoiles royales" de la monarchie perse.

Dans le MUL.APIN babylonien, Regulus est répertoriée comme Lugal, signifiant roi, avec comme co-description, « Etoile de la Poitrine du Lion ».

Regulus est un système d'étoiles multiples composé d'au moins quatre étoiles. Regulus A est l'étoile principale, avec un compagnon binaire distant de 177" que l'on pense être physiquement liés.

Regulus A est une binaire composée d'une étoile de la séquence principale bleu-blanc de type spectral B7V avec une étoile d'au moins 0,3 masse solaire, probablement une naine blanche. Les deux étoiles mettent environ 40 jours pour compléter leur orbite autour de leur centre de masse commun. Compte tenu de la forme extrêmement déformée de l’étoile primaire, le mouvement orbital relatif semble être notablement altéré par rapport au scénario képlérien à deux corps en raison de perturbations orbitales à long terme non négligeables, affectant notamment sa période orbitale. En d'autres termes, la troisième loi de Kepler, qui ne vaut exactement que pour deux masses ponctuelles, ne serait pas valable pour le système Regulus. Il a été longtemps considéré que Regulus A était assez jeune du fait de sa température, de sa luminosité et de sa masse (âgée de 50 à 100 millions d'années seulement), mais l'existence d'un compagnon de type naine blanche signifierait que le système a au moins 1 milliard d'années, temps nécessaire pour expliquer la formation de la naine blanche., bien que la différence pourrait être partiellement expliquée par un transfert de masse sur Regulus A, autrefois plus petite.

La composante primaire de Regulus A fait environ 3,5 fois masses solaires et tourne extrêmement rapidement sur elle-même, avec une période de rotation de seulement 15,9 heures, ce qui lui donne une forme très aplatie. Il en résulte un obscurcissement à l'équateur par gravité (théorème de von Zeipel) : la photosphère aux pôles de Regulus est considérablement plus chaude et cinq fois plus brillante par unité de surface qu'à sa région équatoriale. Sa vitesse angulaire à l'équateur est d'environ 320 km/s, soit 96,5% de sa "vitesse angulaire de destruction", ce qui lui fait émettre une lumière polarisée.

Regulus BC est située à 5.000 UA de Regulus A. Elles partagent un mouvement propre commun et sont censés orbiter les uns les autres. Désignées Regulus B et Regulus C, la première est une étoile K2V, tandis que la seconde est de type M4V. La paire compagnon a une période orbitale d'environ 600 ans.

Leo Lion Bayer Constellation Uranometria Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Gravure du 17e siècle du Lion extraite de l'Uranométrie, un atlas d'étoiles publié en 1603 par l'astronome allemand Johann Bayer (Uranometria Omnium Asterismorum). Il contenait un total de 51 cartes d'étoiles, tracées en utilisant les observations les plus précises de l'époque. Ce fut le premier atlas d'étoiles à utiliser des grilles de référence sur ses cartes, et le premier à utiliser des lettres grecques pour identifier des étoiles individuelles, bien qu'il ait conservé les représentations mythologiques traditionnelles des constellations.

Denebola

β Leonis est la deuxième étoile la plus brillante de la constellation, bien que les deux composantes de la binaire γ Leonis, qui ne sont pas résolus à l'œil nu, aient une magnitude combinée plus brillante qu'elle. Denebola est une étoile de séquence principale de type A avec 75% de masse en plus que le Soleil et 15 fois la luminosité du Soleil. Selon Hipparcos, elle se situe à une distance d'environ 36 années-lumière (11 parsecs) du Soleil. Sa magnitude visuelle apparente est de 2,14, ce qui le rend facilement visible à l'œil nu. Denebola est une étoile variable de type Delta Scuti présumée, ce qui signifie que sa luminosité varie très légèrement sur une période de quelques heures.

 

Le nom traditionnel Denebola est une translittération raccourcie de Deneb Alased, de l'expression arabe ذنب الاسد ðanab al-asad « La Queue du Lion» du fait de sa position dans la constellation (Deneb dans le Cygne a un nom d'origine similaire.) Dans les Tables Alphonsines (tables astronomiques compilées par ordre d'Alphonse X, roi de Castille à la fin du XIIIe siècle), elle était appelée Denebalezeth et sur la carte stellaire de l'hémisphère nord de R. A. Proctor en 1871, elle était désignée par Deneb Aleet.

L'astronome du 15ème siècle Ulugh Beg lui donna le nom Al Ṣarfah, « le Changeur » (c'est-à-dire du temps). Al-Biruni, un érudit musulman et polymathe du 11ème siècle, en a écrit: "La chaleur se détourne quand elle monte, et le froid se détourne quand elle disparaît."

Les astronomes chinois la désignaient comme « La Première Etoile (de l'astérisme à cinq étoiles) du Siège des Cinq Empereurs », d'où son nom chinois 五帝 座 一 (Wǔdìzuò-yī).

Dans l'astronomie hindoue, Denebola correspond au Nakshatra (un secteur le long de l'écliptique) nommé Uttara Phalgunī (« Deuxième Rougeâtre »).

Denebola, avec Spica et Arcturus, fait partie de l'astérisme du Triangle du Printemps, et par extension, également du Grand Diamant avec l'étoile Cor Caroli.

 

Denebola est une étoile relativement jeune, avec un âge estimé à moins de 400 millions d'années. Les observations interférométriques lui donnent un rayon de 173% de celui du Soleil. Cependant, la vitesse de rotation élevée se traduit par une forme aplatie avec un renflement équatorial. Elle a 75% de masse de plus que le Soleil, ce qui se traduit par une luminosité globale beaucoup plus élevée et une durée de vie plus courte sur la séquence principale.

Classée A3 Va, la classe de luminosité 'Va' indiquant qu'il s'agit d'une naine particulièrement lumineuse, il s’agit d’une étoile de la séquence principale qui génère de l'énergie grâce à la fusion nucléaire de l'hydrogène en son cœur. La température effective de son enveloppe extérieure est d'environ 8 500 K, ce qui lui donne la teinte blanche typique des étoiles de type A.

 

Denebola a une vitesse de rotation projetée élevée, à 128 km/s (le Soleil, en comparaison, a une vitesse de rotation équatoriale de 2 km/s).  Elle présente un fort excès infrarouge, révélant un disque de poussière froide circumstellaire avec une température d'environ 120 K (−153 ° C). Les observations avec l'observatoire spatial Herschel ont fourni des images résolues, qui montrent que le disque est situé à un rayon de 39 unités astronomiques de l'étoile, soit 39 fois la distance de la Terre au Soleil.

Les études cinématiques mettent en évidence que Denebola fait partie d'une association stellaire appelée superamas IC 2391. Les étoiles de ce groupe partagent un mouvement à peu près commun dans l'espace, sans être liées gravitationnellement, ce qui suggère qu'elles sont nées au même endroit et ont peut-être initialement formé un amas ouvert. Les membres de cette association sont Pictoris, Beta Canis Minoris et l'amas ouvert IC 2391 avec au total, plus de soixante membres identifiés.

Algieba

γ Leonis est une binaire traditionnellement appelée Algieba ou Al Gieba, translittération de l'arabe الجبهة Al-Jabhah, signifiant `` Le Front '' (malgré cette signification, l'étoile apparaît en fait dans la crinière du Lion). Algieba, Zeta Leonis, Regulus, Mu Leonis, Epsilon Leonis et Eta Leonis font partie de l’astérisme de la faucille. Son nom latin traditionnel était Juba et les Chinois la connaissaient sous le nom 軒轅 十二 « La Douzième Etoile De Xuanyuan » (Xuanyuan est le nom de l'empereur jaune).  

Les deux composantes sont presque certainement de véritables géantes, ce qui signifie qu'elles ont cessé de fusionner l'hydrogène à l'hélium dans leur noyau et ont commencé à s’hypertrophier dans de grandes proportions. Provenant du même nuage interstellaire il y a environ deux milliards d'années, elles présentent une teneur en fer d’environ un tiers de celle du Soleil. De classe spectrale K1-IIIbCN-0,5, le composant principal a une magnitude apparente de +2,28. Il s’agit d’une étoile géante K avec une température de surface de 4 470 K expliquant sa teinte orange-rouge, une luminosité de 180 fois celle du Soleil et un diamètre de 23 fois celui du Soleil. Le compagnon a une teinte jaune ou jaune verdâtre avec une magnitude apparente de +3,51 et appartient à la classe spectrale G7IIICN-I. Il s’agit d’une géante G avec une température de surface de 4 980 K, une luminosité 50 fois supérieure à celle du Soleil et un diamètre 10 fois supérieur à celui du Soleil. Les deux étoiles sont distantes d'au moins 170 UA (quatre fois la distance entre le Soleil et Pluton) et ont une période orbitale de plus de 500 ans.

γ Leonis est une étoile variable suspectée, avec une amplitude de magnitude visuelle de 1,84 à 2,03, bien qu'il ne soit pas certain lequel des deux composants est variable.

Lion Leo Constellation Mercator 1551 Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

La constellation du Lion sur le Globe Céleste de Mercator de 1551 (Collection d'Harvard)

ZOSMA 

δ Leonis est une étoile située à environ 58,4 années-lumière (17,9 parsecs) du Soleil qui porte le nom traditionnel de  Zosma ou Zozma et Duhr (parfois Zozca, Zosca) de l'arabe traditionnel Al-Zubra الزبرة, pour « Les Deux Epaules », et « Crinière de Lion » pour Dhur ظهر, ce dernier signifiant « retour » en arabe . Zosma signifie « Ceinture » en grec ancien, se référant à l'emplacement de l'étoile dans sa constellation, sur la hanche du lion.

En chinois, δ Leonis s'appelaot 太微 右 垣 五 (Tài Wēi Zuǒ Yuán wu) « La Cinquième Etoile du Mur Droit de l'Enceinte du Palais Suprême », représentant 西 上相 (Xīshǎngxiāng), signifiant « Le Premier ministre de l’Ouest », ou « Le Ministre d'Etat Supérieur ». 太微 右 垣 (Tài Wēi Yòu Yuán) signifiait « Le Mur Droit De L'enceinte Du Palais Suprême », qui faisait référence à un astérisme composé de δ Leonis, β Virginis, σ Leonis, ι Leonis et θ Leonis.

Classée A4 V, δ Leonis est une étoile de séquence principale plus grande et plus chaude que le Soleil. Son rayon, mesuré directement par interféromètrie, est de 214% celui du Soleil et elle émet plus de 15 fois plus de luminosité que le Soleil. La température effective de son enveloppe extérieure est de 8 296 K, lui donnant la teinte blanche caractéristique d'une étoile de type A. Plus massive que le Soleil, elle aura une durée de vie plus courte et, dans 600 millions d'années environ, enflera en étoile géante orange ou rouge avant de se transformer lentement en une naine blanche.

Cette étoile tourne rapidement, avec une vitesse de rotation projetée de 180 km/s. L'inclinaison de l'axe de rotation par rapport à la ligne de visée depuis la Terre étant estimée à 38,1°, cela signifie que sa vitesse azimutale équatoriale est de l’ordre de 280 km/s. Cette rotation produit un renflement équatorial, donnant à l'étoile une forme sphéroïdale aplatie prononcée. Son rayon polaire est de l’ordre de 84% du rayon équatorial.

Elle faire partie du Mouvement d’Etoiles de la Grande Ourse, un groupe cinématique d’étoiles qui partage une origine et un mouvement communs dans l'espace, l'âge de ce groupe étant estimé à environ 500 millions d'années.

ALGENUBI

ε Leonis est la cinquième étoile la plus brillante de la constellation. Connue sous le nom d'Algenubi ou Ras Elased Australis, les deux noms signifient « L'étoile Méridionale de la Tête de Lion », Australis et Genubi signifiant respectivement « sud » en latin et en arabe.

Classée G1 II avec un âge estimé à 162 millions d'années, elle a évolué pour devenir une géante brillante beaucoup plus grande et plus beaucoup plus lumineuse que le Soleil (288 L☉ et 21 R☉). Sa magnitude absolue est de –1,49, ce qui en fait l'une des étoiles les plus lumineuses de la constellation (nettement plus que Regulus) mais sa luminosité apparente n'est que de 2,98. A une distance de 247 années-lumière (76 parsecs), l'étoile étant donc plus de trois fois plus éloignée du Soleil que Regulus. À cette distance, la magnitude visuelle d'epsilon Leonis est réduite de 0,03 en raison de l'extinction causée par les gaz et la poussière inter-stellaires.

Epsilon Leonis présente les caractéristiques d'une variable Céphéide, changeant d'une amplitude de 0,3 magnitude tous les quelques jours. Elle fait environ quatre fois la masse du Soleil et a une vitesse de rotation projetée de 8,1 km/s. En se fondant sur son abondance de fer, la métallicité de l'atmosphère extérieure de cette étoile n'est que d'environ 52% de celle du Soleil, ce qui veut dire que l'abondance d'éléments autres que l'hydrogène et l'hélium est d’environ la moitié de celle du Soleil.

Adhafera

ζ Leonis est une étoile de troisième magnitude dans la constellation. Elle forme la deuxième étoile (après Gamma Leonis) de la lame de la faucille. Son nom traditionnel Adhafera (Aldhafera, Adhafara) est une translittération de l'arabe الضفيرة aḍ-ḍafīrah « La Tresse / La Boucle», en référence à sa position dans la crinière du lion.

Il s’agit est une étoile géante classée F0 III. Son spectre sert de point d'ancrage stable par lequel les autres étoiles sont classées. A une distance de de 274 années-lumière (84 parsecs) du Soleil, sa magnitude apparente est de +3,44, ce qui la rend relativement faible pour une étoile visible à l'œil nu, mais néanmoins, elle brille 85 fois plus intensément que le soleil. Adhafera fait environ trois masses solaires et six rayons solaires.

 

Elle forme une double optique avec un compagnon qui a une magnitude apparente de 5,90 connu sous le nom de 35 Leonis. Cette étoile est séparée d'Adhafera par 325,9 secondes d'arc le long d'un angle de position de 340 °mais les deux étoiles ne forment pas un système stellaire binaire puisque 35 Leonis n'est situé qu'à 100 années-lumière de la Terre, séparant ainsi les deux étoiles d'environ 174 années-lumière.

 

Iota Leonis

ι Leonis est un système triple assez proche du Soleil, à seulement 79 années-lumière (24,2 parsecs) de distance. Le système a une magnitude apparente combinée de 4,00 le rendant faiblement visible à l'œil nu. Elle se rapproche du Soleil avec une vitesse radiale de -10 km/s. De type spectral de F3 IV correspondant à une étoile sous-géante de type F, ι Leonis est une binaire spectroscopique (étoile binaire dont les composantes sont trop proches les pour pouvoir se résoudre individuellement à l'aide d'un télescope).

Le troisième composant du système stellaire, appelé ι Leonis B, tourne autour de la paire centrale en presque 200 ans. Avec son passage périhélique en 1948, la séparation entre les deux augmente régulièrement depuis. étoile de la séquence principale de type G, comme le Soleil. Iota Leonis B a une masse d'environ 8% supérieure à celle du Soleil.

En chinois, ι Leonis est 太微 右 垣 三 (Tài Wēi Zuǒ Yuán sān) «  La Troisième Etoile du Mur Droit de l'Enceinte du Palais Suprême », représentant 西 次 將 (Xīcìjiāng), « Le Deuxième Général de l’Ouest ».

 

Rasalas

μ Leonis porte les noms traditionnels Rasalas et Alshemali, deux abréviations de Ras al Asad al Shamaliyy. Il s’agit d’une une étoile de magnitude visuelle apparente 3,88 située à 124 années-lumière (38,1 parsecs) de la terre, où une exoplanète a été découverte en 2014.

 

Etoile géante évoluée de type K de classification stellaire K2 IIIb CN1 Ca1, la notation de fin indique qu’elle présente des raies d'absorption plus fortes que la normale de cyanogène et de calcium dans son spectre. Elle fait environ 1,5 M☉ pour 14 R☉ . Mu Leonis brille avec 63 L☉ à partir d'une atmosphère extérieure qui a une température effective de 4 436 K. Elle est âgée de 3,35 milliards d'années.

Pluies  de météorites

Les Léonides, ou Delta Léonides, sont un essaim de météorites, observables en novembre (culminant les 14 et 15 novembre), avec un radiant proche de Gamma Leonis. Les Léonides sont causées par le passage de la Terre dans la traîne de poussières laissé sur sa trajectoire par la comète Tempel-Tuttle qui a une période de 33 ans.  À chaque passage, la comète laisse une traînée de débris rocheux ;

on assiste ainsi à de véritables pluies de météorites quand la comète vient juste de passer, ce qui était le cas en 1966 puis en 1999 mais aussi dans les quelques années qui suivent.

La prochaine très grande pluie est annoncée en 2032 ; où la comète passera d'ailleurs très près de la Terre.

Les Léonides de janvier sont une petite pluie qui culmine entre le 1er et le 7 janvier.

Johann Elert Bode Leo Constellation Lion Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Le Lion (Leo) vu par l'astronome allemand Johann Elert Bode (1747-1826) en 1801. Sur 20 grandes gravures sur cuivre Bode a inclus plus de 17 000 étoiles, bien plus que n'importe quel atlas précédent. Il y a représenté plus de 100 constellations, contre 88 officiellement reconnues aujourd'hui. Certains qui sont apparus dans cet atlas pour la première fois, mais qui ne sont pas officiellement reconnus aujourd'hui, comprennent le chat, la presse à imprimer, le ballon Montgolfier et le générateur électrique (constellations alors récemment inventées par Hevelius et Lacaille). Bode avait également inclus 2 500 « nébuleuses », cataloguées par William Herschel.

Leo Lion Constellation UAI IAU Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Roger Sinnott & Rick Fienberg, Sky and Telescopes