Constellation

         du CYGNE 

 Le cygne est une ancienne constellation, décrite en 149 ap. JC par Ptolémée dans le Livre VIII de l'Almageste.

 Dans le mythe grec, il représente la séduction de la reine Leda par Zeus, métamorphosé sous la forme d'un cygne. De leur union naquirent quatre enfants ; Hélène de Troie et Pollux, l’un des jumeaux des Gémeaux, la progéniture immortelle de Zeus, et Castor (l’autre jumeau des Gémeaux) et sa sœur Clytemnestre, ses enfants mortels.

Le Cygne par Johannes Hevelius, dans l'Uranographia, 1690

Le Cygne par Johannes Hevelius, dans l'Uranographia, 1690

 Le Cygne est une grande constellation, brillante, traversée par la Voie lactée, parfois appelée la Croix du nord (en référence à la Croix du Sud). L'oiseau qu'elle représente s'étend sur la Voie lactée l’été, comme en migration vers le sud. Planant au milieu de la Voie lactée, le Cygne rejoint l'Aigle, Aquila, l’un et l’autre formant les deux grands oiseaux de la Voie lactée. La forme du Cygne est indubitablement reconnaissable avec son long cou et ses ailes déployées.

MYTHOLOGIE

 

Cette constellation est associée à plusieurs récits de la mythologie grecque :

 

 - Elle représentait le dieu Zeus déguisé en cygne pour séduire Léda,

 - Elle représentait également Orphée, métamorphosé en cygne après son assassinat et placé dans les cieux à côté de sa lyre.

 - Enfin, elle pouvait représenter un jeune homme nommé Cycnus, amant (ou demi-frère) du malheureux Phaéton. Après que celui-ci ait été foudroyé par Zeus pour avoir conduit les chevaux du Soleil et fait brûler la Terre, Cycnus chercha désespérément son corps dans le fleuve Éridan, où il était tombé. Cycnus plongea tant de fois dans le fleuve que Zeus eut pitié de lui et le changea en cygne.

Cygnus, le Cygne dans le Celestial Atlas d’Alexander Jamieson - 1822

Cygnus, le Cygne dans le Celestial Atlas d’Alexander Jamieson - 1822

Répertoriée par les astronomes grecs, cette constellation était alors désignée sous le nom de l'Oiseau.

 

Elle fut également désignée sous le nom de Croix de Sainte-Hélène par Julius Schiller en 1627 à une époque de christianisation massive du ciel (la constellation de la Croix du Sud en est contemporaine).

 

Dans la mythologie chinoise, la constellation du Cygne héberge une fois par an le pont qui relie les amants Niu Lang et Zhi Nu.

 

En Polynésie, le Cygne était souvent connu comme une constellation distincte. Aux Tonga, il s'appelait Tuula-lupe, et aux Tuamotu, il s'appelait Fanui-tai. En Nouvelle-Zélande, il s'appelait Mara-tea, dans l’Archipel de la Société (Tahiti), il s'appelait Pirae-tea ou Taurua-i-te-haapa-raa-manu, et aux Tuamotu, il s'appelait Fanui-raro. Gamma Cygni s'appelait Fanui-runga aux Tuamotu.

 

Dans l'hindouisme, la période de temps (ou Muhurta) appelée Brahmamuhurtha (temps de Brahma) signifiant littéralement « l'heure du créateur », est une période d’une heure et demie avant le lever du soleil - ou plus précisément, 1 heure et 36 minutes avant le lever du soleil - où le système stellaire est en corrélation est la constellation du Cygne. Les hindous estiment que c'est un moment propice pour méditer, réaliser une tâche ou commencer la journée. C'est traditionnellement l'avant-dernière phase - ou muhurta - de la nuit et elle est considérée comme une période propice à toutes les pratiques de yoga et la plus appropriée pour la méditation, le culte ou toute autre pratique religieuse. Les activités spirituelles effectuées tôt le matin ont un effet plus important que dans n'importe quelle autre partie de la journée. Chaque muhurta dure 48 minutes, et donc le Brahma muhurta commence 1 heure et 36 minutes avant le lever du soleil et se termine 48 minutes avant le lever du soleil. L'heure du lever du soleil varie chaque jour, selon l'emplacement géographique et la période de l'année, donc l'heure du Brahma muhurta varie également.

John Bevis, vers 1750, Uranographia Britannica.

 Bevis calqua son atlas sur celui de Bayer, avec une précision améliorée dans le positionnement des étoiles, avec l'inclusion de plusieurs étoiles qui avaient été récemment découvertes. Il réussi même à faire graver les planches de son atlas et à faire imprimer un catalogue d'étoiles, mais la faillite de son imprimeur a abouti à la séquestration des plaques par les tribunaux et la « Bevis Uranographia », comme on devait l'appeler, ne fut jamais publiée. Par chance, un certain nombre d'impressions ont été imprimées à partir des planches avant de disparaître, et presque tous ces ensembles de prépublications - seize en tout - sont encore conservés dans diverses bibliothèques à travers le monde.

Mention du mythe du Cygne par Hyginus dans le Clarissimi Viri Iginii Poeticon Astronomicon en 1482

Le mythe du Cygne dans le Clarissimi Viri Iginii Poeticon Astronomicon. d'Hyginus. 

Mention du mythe du Cygne par Hyginus dans le Clarissimi Viri Iginii Poeticon Astronomicon en 1482.


Le « Poeticon Astronomicon » était l'une des principales sources littéraires de l’antiquité sur les constellations. L'ordre des constellations suit celui du catalogue de l'Almageste de Ptolémée, de sorte que l'œuvre peut dater du IIe siècle après J.C. ou plus tard. Il a été édité pour la première fois en 1482.

"Lacerta, Cygnus, Lyra and Vulpecula and Anser", planche 14 extraite du Miroir d'Uranie, un jeu de cartes célestes accompagné d'un traité de vulgarisation sur l'astronomie de Josaphat Aspin

"Lacerta, Cygnus, Lyra and Vulpecula and Anser", planche 14 extraite du Miroir d'Uranie, un jeu de cartes célestes accompagné d'un traité de vulgarisation sur l'astronomie de Josaphat Aspin.

Les représentations des constellations dans Le Miroir d'Uranie sont des reconstitutions de celles de A Celestial Atlas d'Alexander Jamieson, publié environ trois ans plus tôt, et incluaient des éléments uniques différents de l'atlas du ciel de Jamieson, y compris la nouvelle constellation de Noctua (La Chouette) et "Norma Nilotica" - un appareil de mesure des crues du Nil - tenu par Aquarius, le porteur d'eau.

Les Arabes connaissent la constellation sous le nom du « bol des pauvres » ou Alphecca, qui signifie « brisé ». Le nom Alphecca fut ultérieurement donné à l'étoile la plus brillante de la constellation, Alpha Coronae Borealis.

Les Cheyennes appelaient la constellation le Cercle de Camp parce que sa forme était similaire à la façon dont ils disposaient leurs camps, en demi-cercle.

 

En Australie, la Couronne Boréale est connue sous le nom de Woomera, le Boomerang.

 

Dans la mythologie celtique, était est connue sous le nom de Caer Arianrhod, ou le château d'Arianrhod, l'endroit où la mythique Lady Arianrhod, la déesse galloise qui donna naissance à deux fils par des moyens magiques, a vécu.

Roger Sinnott & Rick Fienberg, Sky and Telescopes

Table astronomique de Bode, 1782, Vorstellung der Gestime

Tables astronomiques du Cygne, publiées par Bode en 1782 dans le Vorstellung der Gestirne


 En 1782, Johann Bode a publié une version allemande de l'atlas Flamsteed français de 1776, utilisant le même ordre, le même format et les mêmes figures de constellation, mais avec des plaques nouvellement gravées. Cet atlas a été réédité plus tard, avec des révisions, en 1805. L'atlas de Bode / Flamsteed, comme on l'appelle le plus communément, se distingue par l'ajout de beaucoup plus d'étoiles; les planches sont visiblement beaucoup plus riches que l'édition Fortin de Flamsteed.

Les étoiles du Cygne

 

Deneb

Deneb (Alpha Cygnus) est une étoile de première magnitude (1,25), parfois donnée comme prénom masculin dans le monde islamique. Le nom Deneb vient du nom arabe dhaneb, qui signifie « queue », de l'expression Dhanab ad-Dajājah et qui signifie «la queue de la poule». Avec Vega et Altair, elle forme le triangle d'été. Deneb est une hypergéante bleue blanche A2I, l'une des étoiles les plus grandes, les plus chaudes et les plus brillantes du ciel. Elle est 60 000 fois plus lumineuse que le Soleil, mais située à 1 500 années-lumière.

D'environ 200 rayons solaires, soit à peu près le rayon de l'orbite terrestre autour du Soleil, ce qui en fait l'une des plus grosses étoiles connues.

En astronomie chinoise, Deneb fait partie de l'astérisme 天津 (Tiān Jīn), représentant un gué servant à traverser la Voie lactée, qui symbolise un fleuve céleste, Tianhe.

 

Albireo

Beta Cygni aussi connue sous le nom d’Albireo est la cinquième étoile la plus brillante de la constellation. Les origines de son nom sont très incertaines, et elle est devenue simplement connue l’étoile du bec. Etoile double, elle se résout à travers un télescope, et la différence de couleur est frappante entre les deux compagnons, ce qui en fait une cible appréciée pour les petits télescopes. L'étoile la plus grande et la plus brillante (Albireo A) est une géante jaune / orange K3, alors qu’Albireo B est une étoile bleue B0 de la séquence principale. La paire a une magnitude combinée de 3,08 et se trouve à 380 années-lumière.

Il semble que Beta Cygni était nommée Whetu-kaupo en Nouvelle-Zélande.

 

Sadr

 

Gamma Cygni est Sadr, " la poitrine"  en arabe. Comme Deneb, cette étoile est une super géante massive, 65 000 fois plus brillante que le Soleil, située là encore à une distance de 1 500 années-lumière, d'une magnitude de 2,2. Il est légèrement plus froide que Deneb, classée supergéante jaune F8.

 

Gienah Cygni 

 

Epsilon Cygni, l'aile du cygne, est la plus proche des étoiles nommées de Cygnus, située à seulement 72 années-lumière. D'une magnitude de 2,48, c'est une géante orange classé K0.

 

Azelfafage

 

Pi-01 Cygni est nommé Azelfafage, de l'arabe signifiant "queue de poule". Il s'agit d'une géante bleue B3, de magnitude 4,69, à environ 1716 années-lumière.

 

Ruchba

 

Omega-2 Cygni est nommé Ruchba, en arabe pour  "genou " Il s'agit d'une une géante rouge M2 de magnitude 5,44, située à environ 397 années-lumière.

DenebSoleil.png

@Uwe Dedering 

Johann Bayer Cygnus, le cygne, constellation, Ciel de Nuit, Jean-Brice Gayet

Gravure du 17e siècle du Bélier extraite de l'Uranométrie, un atlas d'étoiles publié en 1603 par l'astronome allemand Johann Bayer (Uranometria Omnium Asterismorum). Il contenait un total de 51 cartes d'étoiles, tracées en utilisant les observations les plus précises de l'époque. Ce fut le premier atlas d'étoiles à utiliser des grilles de référence sur ses cartes, et le premier à utiliser des lettres grecques pour identifier des étoiles individuelles, bien qu'il ait conservé les représentations mythologiques traditionnelles des constellations.

Objets du Ciel Profond

Comme le Sagittaire, Cygnus se trouve dans l'un des endroits les plus riches de la Voie lactée, plein d'amas d'étoiles et de nébuleuses.

M29 est le premier des deux objets Messier du Cygne. Il s’agit d’un petit amas d'étoiles ouvert (NGC 6913). Il a une magnitude de 6,6 et est estimé à environ 4 000 années-lumière.

 

M39 (NGC 7092) est un amas d'étoiles ouvert plus grand et plus dispersé, contenant environ 30 étoiles. Il est situé à environ 800 années-lumière avec une magnitude de 4,6.

 

Vers la queue du cygne se trouvent la Nébuleuse d'Amérique du Nord (NGC 7000) - qui ressemble de façon assez frappante au continent nord-américain (y compris avec le Mexique et le golfe du Mexique) - avec, « au large de la côte est », et, là où se trouverait l'océan Atlantique, la Nébuleuse du Pélican, (IC 5070) qui ressemble de façon aussi étonnante à celle d'un long pélican à bec. Les deux nébuleuses à émission s'étendent ensemble sur une vaste distance de 50 années-lumière et sont situées à environ 1 500 années-lumière.

Les sections est et ouest de l’immense Nébuleuse du voile, respectivement NGC 6992 et NGC 6960, désignées sous le nom de boucles du Cygne, sont tout aussi grandes que les deux précédentes mais avec une luminosité de surface beaucoup plus faible. Les nébuleuses du voiles sont le vestige d'une explosion de supernova qui s'est produite il y a 5 000 à 8 000 ans.

Cygne UAI

Roger Sinnott & Rick Fienberg, Sky and Telescopes