Constellation   du GRAND CHIEN

Canis Major, le Grand Chien, représente classiquement le « plus grand des chiens » à la suite d'Orion le Chasseur dans le mythe grec. La constellation est représentée par un chien se tenant debout sur ses pattes arrières, poursuivant le Lièvre (Lepus), représenté par la constellation homonyme. Manilius décrivait Le Grand Chien comme « le chien au visage flamboyant » car il semble tenir Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel, dans ses mâchoires.

Mais d'autres chiens sont représentés en astronomie depuis Ptolémée avec les constellations du Petit Chien (Canis Minor) qui accueille Procyon, l'étoile se levant juste avant Sirius, et la constellation boréale des Chiens de Chasse (Canes Venatici).

Constellation du Grand Chien dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hevelius. 1690.

Johannes Hevelius - Lepus, Columba & Canis Major.jpg

Photographie de la constellation par Akira Fujii (@David malin)

Superposition UAI Jean-Brice Gayet

Mythologie

Les chiens - et les créatures canines en général - sont mentionnées de très nombreuses fois dans les mythes et légendes. Ces chiens ont toujours une forte symbolique liée à leur apparence et à leurs attributs. Parfois gardiens inflexibles, la plupart d'entre eux sont associés au monde des morts, aux enfers ou aux univers chtoniens en général. Ils possèdent des attributs fantastiques, comme plusieurs têtes, la capacité de cracher du feu, celle de devenir invisible, de guider les âmes des morts ou encore celle de dévorer la lune et le soleil. 

Canis Major, le Grand Chien, représente classiquement le « plus grand chien » à la suite d'Orion le Chasseur dans le mythe grec poursuivant le Lièvre dans le ciel. Manilius décrivait Le Grand Chien comme « le chien au visage flamboyant » car il tient Sirius dans ses mâchoires.

D'après le dictionnaire des symboles, le chien est lié à une trinité élémentaire terre, eau et lune, à symbolique végétative, féminine, sexuelle et divinatoire, aussi bien dans le domaine inconscient que pour le subconscient. Son rôle principal est celui de psychopompe, « guide de l'homme durant la nuit de la mort après avoir été son compagnon durant le jour de la vie. » 

Dans les églises, on le voit au pied de personnages représentés sur un cénotaphe (chez les femmes et chez les hommes) ; dans ce cas il symbolise la loyauté.

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Canis Major dans le Sky Atlas 2000.0 de Tirion

Photographie de la constellation par Akira Fujii (@David malin)

Superposition UAI Jean-Brice Gayet

Dans le mythe grec

Dans la mythologie grecque, Canis Major est associé à Lélaps ou Laelaps (en grec ancien Λαῖλαψ / Lailaps), le chien divin qui possédait le pouvoir de ne jamais laisser échapper sa proie. Zeus offrit Laelaps en cadeau à Europe, en même temps qu'un javelot qui ne pouvait pas manquer sa cible. Le cadeau s'avéra malheureux, car Europe fut tuée accidentellement par son mari Céphale qui chassait avec le javelot. Un jour, Céphale emmena le chien à Thèbes en Béotie (une province grecque au nord d'Athènes) pour y traquer un renard qui y causait des troubles. Comme Laelaps, le renard était extrêmement rapide et était destiné à ne jamais être attrapé. Une fois que le chien trouva le renard et commença à le pourchasser, la course ne sembla plus avoir de fin et Zeus dut lui-même y mettre finalement un terme et en transformant les deux animaux en pierre puis il catastérisa Laelaps dans le ciel nocturne en tant que constellation du Grand Chien.

D'autres mythes grecs se rapportent à l'origine de la constellation du Grand Chien et de Laelaps :

Laelaps appartenait à Artémis, qui le donne à Minos (roi de Crète). Celui-ci le remet ensuite à Procris pour la remercier des soins qu'elle lui avait apportés, et cette dernière l'offre à son tour à Céphale (roi d'Athènes) pour s'assurer de son amour. Laelapsintervient alors dans la légende du renard de Teumesse : cet animal était impossible à attraper et avait été envoyé pour terroriser les Thébains du temps de la première régence de Créon au point que les habitants lui livraient chaque mois un enfant afin d'éviter qu'il n'en ravisse encore plus. Céphale, à la demande d'Amphitryon qui souhaitait obtenir les bonnes grâces de Créon, lança Laelaps à la poursuite du renard. Deux versions se côtoient sur ce point :

  • réputé pour courir deux fois plus vite que ses proies, Lélaps bat le renard à la course et se vit changé en constellation par Zeus,

  • le chien infaillible, à la poursuite d'un animal que personne ne pouvait rattraper, crée un paradoxe que Zeus résout en transformant les deux animaux en statues de marbre.

Mais Laelaps est aussi le nom d'un des chiens de la meute de chasse d'Actéon. Fils du dieu mineur Aristée, fils d’Apollon et d’Autonoé, fille de Cadmos, Actéon est élevé par le centaure Chiron et devient un chasseur très habile. Un jour, il surprend  au cours d’une chasse la déesse Artémis prenant son bain. Furieuse d’être vue nue, elle transforme Actéon en cerf, qui meurt alors déchiré par ses propres chiens de chasse qui ne le reconnaissent pas, rendus fous de rage par la déesse.

Diodore mentionne d'autres raisons du courroux de la déesse : Actéon aurait commis un sacrilège dans son temple ou se serait vanté d'être plus habile qu'elle à la chasse. Cette dernière explication est déjà donnée par Euripide dans ses Bacchantes. Le pseudo-Apollodore rapporte enfin une tradition minoritaire qu’il attribue à Acousilaos, selon laquelle Actéon est métamorphosé par Zeus pour avoir poursuivi Sémélé (princesse thébaine mère de Dionysos) de ses assiduités. Enfin, selon les Histoires incroyables  de Palaiphatos de Samos, d'origine arcadienne, Actéon aimait beaucoup les chiens, en élevait et chassait au point de négliger ses propres affaires, à tel point que son patrimoine finit par disparaître. L'imagerie populaire le dit mangé par ses chiens. 

On retrouve aussi Laelaps dans le mythe de Céphale et Procris où Artémis offre un chien extraordinaire à Procris, fille du roi Érechthée d'Athènes :

Céphale, prince thessalien, fils de Déion et de Diomédé avait épousé Procris, une des filles d'Érechthée, roi d'Athènes. Elle était d'une beauté remarquable. Il inspira une vive passion à Éos (l'Aurore) ; celle-ci, pour le détacher de Procris, l'engagea à éprouver la fidélité de son épouse. Dans ce but, il s'introduisit près d'elle, caché sous un déguisement : ayant réussi à la séduire, il la chassa de sa présence. Procris, honteuse, s'enfuit en Crète où Artémis lui fit don d'un chien et d'un javelot magique. Plus tard Procris revint dans ses foyers sous l'aspect d'une séduisante jeune fille qui s'offrit l'amour de Céphale en échange des cadeaux de la déesse. Céphale accepta et Procris se fit alors reconnaître. Les deux époux se réconcilièrent. La jalousie cependant étreignait le cœur de Procris qui pensait que son époux rejoignait Éos lors de ses parties de chasse. Une nuit, elle le suivit donc en cachette. Par mégarde elle remua une branche. Pensant qu'un gibier se cachait derrière le feuillage Céphale lança son javelot et perça le corps de sa chère Procris ; désespéré par cette mort, il se tua avec le même javelot. Selon une version différente, l'aréopage le bannit pour ce meurtre. Il se retira dans l'île qui prit de lui le nom de Céphalonie et hanté par le fantôme de sa bien-aimée finit par se jeter à la mer. Bernard Sergent, dans son ouvrage Celtes et Grecs, évoque une origine commune à ce mythe et au mythe celtique de Celtchar. On y trouve en effet les mêmes motifs de la femme infidèle, de la lance infaillible et du chien extraordinaire.​

Plus connu, enfin, existe le mythe d'Ulysse et de son chien Argos.  D'après l'Odyssée d'Homère (chant XVII), Argos est le chien d'Ulysse, qui, fidèle à son maître le reconnut immédiatement après vingt ans d'absence à son retour de la guerre de Troie. Le déguisement d'Ulysse en mendiant ne le trompa pas mais à peine le vit-il qu'il en mourut sur place.

« Ulysse et Eumée parlent ainsi. — Soudain un chien couché près d'eux lève sa tête et dresse ses oreilles : c'est Argos, que le vaillant Ulysse avait élevé lui-même ; mais ce héros ne put voir le succès de ses soins, car il partit trop tôt pour la ville sacrée d'Ilion. Jadis les jeunes chasseurs conduisaient Argos à la poursuite des chèvres sauvages, des cerfs et des lièvres ; mais depuis que son maître était parti, il gisait honteusement sur le vil fumier des mules et des bœufs, qui restait entassé devant les portes, jusqu'à ce que les serviteurs d'Ulysse vinssent l'enlever pour fumer les champs. C'est là que repose étendu le malheureux Argos tout couvert de vermine. Lorsqu'il aperçoit Ulysse, il agite sa queue en signe de caresses et baisse ses deux oreilles ; mais la faiblesse l'empêche d'aller à son maître. Ulysse, en le voyant, essuie une larme qu'il cache au pasteur, puis il prononce ces paroles :

« Eumée, je m'étonne que ce chien reste ainsi couché sur le fumier, car il est d'une grande beauté. Toutefois j'ignore si avec ses belles formes il est bon à la course, ou si ce n'est qu'un chien de table que les maîtres élèvent pour leur propre plaisir. »

Le pasteur Eumée lui répond en disant :

« Hélas ! c'est le chien de ce héros qui est mort loin de nous ! S'il était encore tel qu'Ulysse le laissa quand il partit pour les champs troyens, tu serais étonné de sa force et de son agilité. Nulle proie n'échappait à sa vitesse lorsqu'il la poursuivait dans les profondeurs des épaisses forêts : car ce chien excellait à connaître les traces du gibier. Maintenant il languit accablé de maux ; son maître a péri loin de sa patrie, et les esclaves, devenues négligentes, ne prennent aucun soin de ce pauvre animal ! C'est ainsi qu'agissent les serviteurs : dès qu'un maître cesse de les commander, ils ne veulent plus s'acquitter de leurs devoirs ; Zeus ravit à l'homme la moitié de sa vertu quand il le prive de sa liberté. »

Quand Eumée a achevé ces paroles, il entre dans les demeures d'Ulysse et va droit à la salle où se trouvaient les fiers prétendants. — Mais le fidèle Argos est enveloppé dans les ombres de la mort dès qu'il a revu son maître après vingt années d'absence ! »

Homère, Odyssée, XVII, 290, traduction d'Eugène Bareste, 1842

 

Ainsi le Dictionnaire étymologique de la langue grecque (Klincksieck, Paris 1968-1980) suggère qu'Argos évoque « une notion qui exprime à l’origine la blancheur éblouissante de l’éclair et en même temps sa vitesse » et le dictionnaire grec-français d'Anatole Bailly traduit l'adjectif argos par brillant, luisant, blanc soit (notamment en parlant d'un chien) rapide, agile, léger tandis que l'article relatif au nom propre indique pour le chien d'Ulysse : « littéralement l'agile ou peut-être le blanc ». Notions que l'on retrouve pour le navire Argos des Argonautes.

Parfois, il est fait référence à Laelaps aidant Orion à combattre le Taureau (constellation du Taureau adjacente) et il est désigné de cette manière par Aratos, Homère et Hésiode.

 

Si les Grecs de l'Antiquité se réfèrent à un seul chien, à l'époque romaine, Canis Minor apparaît comme le deuxième chien d'Orion. Les noms alternatifs incluent Canis Sequens et Canis Alter. Canis Syrius était le nom utilisé dans les Tables Alfonsines de 1521. Au Ier siècle, le Grand Chien fait partie des 48 constellations répertoriées par Ptolémée dans son Almageste.

 

John Flamsteed - Grand Chien

Constellation de la Licorne, du Grand Chien et du Lièvre. Carte des étoiles de 1776.  Atlas Céleste de Flamsteed de Fortin

Dans l'ancienne Mésopotamie, Sirius, nommé KAK.SI.DI par les Babyloniens, était vue comme une flèche visant la région d'Orion, tandis que les étoiles du sud de Canis Major et une partie de Puppis dessinaient un arc, nommé BAN dans les tablettes The Three Stars Each, datant d'environ 1100 avant JC. Il s'agit du premier catalogue recensant les constellations et les étoiles connu de l'époque Babylonienne, mentionnant les étoiles de l'Empire akkadien, d'Amurru, d' Elam et d'autres. Il représentait une division tripartite des cieux: l'hémisphère nord appartenait à Enlil, l'équateur appartenait à Anu et l'hémisphère sud appartenait à Enki. Les limites étaient définies à 17 degrés Nord et Sud, de sorte que le Soleil passait exactement trois mois consécutifs dans chacun des tiers. L'énumération des étoiles dans les trois catalogues comprenait 36 étoiles, trois pour chaque mois. Le glyphe déterminant pour « constellation » ou « étoile » dans ces listes est MUL (𒀯), à l'origine un pictogramme de trois étoiles (ainsi les Pléiades sont appelées « amas d'étoiles » ou « étoile d'étoiles », MUL.MUL ou MULMUL (𒀯𒀯).

Dans le dernier recueil du MUL.APIN, la flèche, Sirius, était liée au guerrier Ninurta et l'arc à Ishtar, fille d'Enlil. Ninurta était liée à la dernière divinité Marduk, qui aurait tué la déesse de l'océan Tiamat avec un grand arc et adorée comme la principale divinité de Babylone.

Si les Grecs de l'Antiquité ont remplacé la représentation de l'arc et des flèches par celle d'un chien, le mythe romain fait de même, avec une référence à Canis Major sous le nom de Custos Europae, le chien gardant Europe mais ne parvenant pas à empêcher son enlèvement par Jupiter sous la forme d'un taureau, et en tant que concierge Lethaeus, "le chien de garde". 

La légende initiale raconte qu'Europe, princesse phénicienne fille d'Agénor le roi de Tyr, fit un jour un rêve étonnant où deux continents personnifiés tentaient de la séduire. Le matin venu, pour chasser ce rêve étrange, elle alla avec ses suivantes cueillir des fleurs près de la plage de Sidon où elle fut remarquée par Zeus. Enflammé par sa beauté et pour échapper à la surveillance de son épouse, Héra ,il se métamorphosa en taureau au front orné d'un disque d'argent et aux cornes semblables à un croissant de lune puis vint se coucher aux pieds de la jeune fille.  Il se mêla paisiblement aux jeux des jeunes filles; il se laissa même caresser par Europe, qui, attirée par l'odeur d'un crocus qu'il mâchonnait, tomba sous son charme et s'assit sur son dos.
Aussitôt le taureau se releva et s'élança vers la mer. Malgré les cris d'Europe, qui se cramponne à ses cornes, le taureau pénétra dans les flots et s'éloigne du rivage. Accompagné par toute une cohorte de divinités marines, de Néréides chevauchant des dauphins et de tritons soufflant dans des conques, il l'amena dans l'île de Crête. A Gortyne, sous un platane désormais toujours vert (mais d'autres auteurs penchent pour la grotte du mont Dicté où Zeus fut caché pendant sa prime enfance pour échapper à Cronos) ils s'unirent. Zeus fit trois présents à sa nouvelle conquête : une robe et un collier, le chien Laelaps, qui ne laissait jamais échapper sa proie et un homme de bronze, Talos, dont la seule veine qui irriguait son corps de métal était obturée par une cheville de métal. Il faisait chaque jour le tour de la crête et tuait tous les étrangers qui tentaient de débarquer. De ces amours naîtront trois fils : Minos, Sarpédon et Rhadamante.

 

La suite de cette légende raconte la recherche entreprise par les frères d'Europe. Agénor ordonna alors à son fils Cadmos de partir à la recherche de sa sœur, avec interdiction formelle de revenir tant qu'il ne l'a pas retrouvée. La mère de Cadmos, Téléphassa, et ses deux frères, Thassos et Cilix, l'accompagnèrent dans sa quête ; seul Phœnix resta auprès de son père. Les recherches de Téléphassa et de ses fils furent vaines. Téléphassa mourut de chagrin et ses trois fils, en raison du serment prêté à leur père, n'osèrent pas retourner à Tyr : Thassos s'installa alors dans les îles de Thrace, auxquelles il s'identifia ; Cilix se fixa en Cilicie, dont il fut le fondateur légendaire. Quant à Cadmos, il débarqua en Grèce où il interrogea l'oracle de Delphes. L'oracle lui conseilla de se laisser guider par une génisse errante, qu'il croiserait à sa sortie du temple, et de fonder une ville à l'endroit même où elle se coucherait épuisée. L'animal conduisit Cadmos au site de Thèbes, où il éleva la citadelle de Cadmée. Toujours dans l'espoir de retrouver sa soeur, Cadmos offrit aux Grecs l'alphabet inventé par les Phéniciens. Hérodote raconte le récit en ces termes :

 

"Pendant le séjour que firent en ce pays les Phéniciens qui avaient accompagné Cadmos, et au nombre desquels étaient les Géphyriens, ils introduirent en Grèce plusieurs connaissances et entre autres des lettres, qui étaient, à mon avis, inconnues auparavant dans ce pays. Ils les employèrent d'abord de la même manière que tous les Phéniciens. Mais dans la suite des temps, ces lettres changèrent avec la langue et prirent une autre forme. Les pays circonvoisins étant alors occupés par les Ioniens, ceux-ci adoptèrent ces lettres, dont les Phéniciens les avaient instruits, mais ils firent quelques légers changements. Ils convenaient de bonne foi et comme le voulait la justice, qu'on leur avait donné le nom de lettres phéniciennes, parce que les Phéniciens les avaient introduites en Grèce". (Hérodote, II, 58).

 

Cette légende d'Europe résume les réalités historiques, économiques et culturelles qui devaient correspondre aux déplacements des foyers de civilisations du Proche-Orient vers les régions d'Occident, appelées par la suite "Europe".

Dans l'astronomie arabe médiévale, la constellation est devenue al-Kalb al-Akbar, "le Grand Chien", transcrit comme Alcheleb Alachbar par l'écrivain du 17ème siècle Edmund Chilmead. Le savant islamique Abū Rayḥān al-Bīrūnī appelait Orion Kalb al-Jabbār, "le chien du géant". Chez les Merazig de Tunisie, les bergers notent six constellations qui marquent le passage de la saison sèche et chaude. L'un d'eux, appelé Merzem, comprend les étoiles de Canis Major et Canis Minor et est le héraut de deux semaines de temps chaud. 

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Le Grand Chien et le Liètre dans le « De Astronomia » d'Hygin. Bien que ce manuscrit du début du XIIe siècle soit incomplet, les parties aujourd'hui disponibles permettent de déduire sa structure générale. Il contenait intialement un calendrier et plusieurs textes sur la chronométrie. Un manuel d'astronomie sous le nom d'Hygin fut largement diffusé au cours du Moyen Âge. L'ouvrage était consacré aux principaux concepts sur les étoiles et les mythes célestes. Dans sa forme actuelle, le manuscrit inclut le deuxième livre d'Hygin, De Astronomia, accompagné de dessins à la plume, notamment des constellations.

Les dessins témoignent de l'influence de l'enluminure du nord de la France et du sud de l'Allemagne, indiquant qu'ils furent vraisemblablement produits à Strasbourg. Le manuscrit appartint à la bibliothèque de la cour de Mannheim, puis il fut transféré à Munich en 1803−1804. Hygin, ou Caius Julius Hyginus, érudit et auteur latin du Ier siècle, écrivit de nombreux ouvrages sur la biographie, la poésie, l'agriculture et l'apiculture, ainsi que des livres abordant d'autres thèmes, dont la plupart ont disparu.

Alexander Jamieson Canis Major

Les constellations de la Licorne, du Petit et du Grand Chien. A Celestial Atlas comprenant une série de trente cartes illustrées par une description scientifique de leur contenu et accompagnées de catalogues d'étoiles et d'exercices astronomiques. Alexander Jamieson. 1822

Dans l'astronomie chinoise, la constellation moderne de Canis Major est située dans l'Oiseau Vermillon du Sud 南方 朱雀; Nán Fāng Zhū Què), où les étoiles ont été classées en plusieurs astérismes séparés.

- Le marché militaire (軍 市; Jūnshì) était un motif circulaire d'étoiles contenant Nu3, Beta, Xi1 et Xi2, et quelques étoiles de Lepus. 

- Le coq sauvage (野雞; Yějī) était au centre du marché militaire, bien que l'on ne sache pas quelles étoiles représentaient quoi.

- Sirius était Tiānláng (天狼), le loup céleste, dénotant l'invasion et le pillage.

- Au sud-est du loup se trouvait l'astérisme Húshǐ (弧 矢), l'arc céleste et la flèche, qui a été interprété comme contenant Delta,  Epsilon, Eta et Kappa Canis Majoris et Delta Velorum. Alternativement, la flèche a été représentée par Omicron2 et Eta et visant  Sirius (le loup), tandis que l'arc comprenait Kappa, Epsilon, Sigma, Delta et 164 Canis Majoris, et Pi et Omicron Puppis.

L'oiseau vermillon (chinois: 朱雀 Zhūquè) est l'un des quatre symboles des constellations chinoises. Dans le système taoïste à cinq éléments, il représente l'élément feu, la direction sud et la saison d'été en conséquence. Ainsi, il est parfois appelé l'oiseau vermillon du Sud (chinois: 南方 朱雀, Nán Fāng Zhū Què). Il est aussi connu sous le nom de Zhuque en chinois, Suzaku en japonais, Jujak en coréen et Chu Tước en vietnamien. Il est décrit comme un oiseau rouge qui ressemble à un faisan avec un plumage de cinq couleurs perpétuellement couvert de flammes.

Le peuple maori et le peuple des Tuamotu considéraient l'astérisme du Grand Chien comme une entité distincte, bien qu'elle soit parfois absorbée dans d'autres constellations. Te Huinga-o-Rehua, également appelée Te Putahi-nui-o-Rehua et Te Kahui-Takurua, ("L'Assemblée de Rehua" ou "L'Assemblée de Sirius"), était une constellation maorie qui comprenait à la fois le Petit Chien et le Grand Chien, avec quelques étoiles environnantes. Taumata-o-Rehua lui était liée, également appelée Pukawanui (le miroir de Rehua), formée à partir d'un nombre non défini d'étoiles du Grand Chien. Ils appelaient Sirius à la fois Rehua et Takarua, correspondant à deux des noms de la constellation, bien que Rehua soit un nom appliqué aussi à d'autres étoiles dans divers groupes maoris et/ou d'autres cosmologies polynésiennes.

Le peuple Tuamotu appelait le Grand Chien Muihanga-hetika-o-Takurua ("l'assemblée permanente de Takarua"). Le peuple Tharumba de la rivière Shoalhaven appelait quant à lui trois des étoiles du Grand Chien Wunbula (la Chauve-Souris), Murrumbool (Mme le Serpent Brun) et Moodtha (Mme le Serpent Noir), les deux épouses de Wunbula ; ennuyées de suivre leur mari, les femmes tentèrent de l'enterrer pendant qu'il chassait un wombat dans un trou mais il les tua d'une lance et tous les trois furent placés dans le ciel dans la constellation Munowra.  

Pour le peuple Boorong de Victoria (Australie), Sigma Canis Majoris était Unurgunite (qui est devenu le nom officiel de cette étoile) et ses deux voisines Delta et Epsilon ses deux épouses. La lune, Mityan (une espèce de félin indigène aussi appelée Chat marsupial) chercha à attirer l'une des épouses (Epsilon), mais Unurgunite l'attaqua et il erre dans le ciel depuis. 

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Gravure du 17e siècle du Grand Chien extraite de l'Uranométrie, un atlas d'étoiles publié en 1603 par l'astronome allemand Johann Bayer (Uranometria Omnium Asterismorum). Il contenait un total de 51 cartes d'étoiles, tracées en utilisant les observations les plus précises de l'époque. Ce fut le premier atlas d'étoiles à utiliser des grilles de référence sur ses cartes, et le premier à utiliser des lettres grecques pour identifier des étoiles individuelles, bien qu'il ait conservé les représentations mythologiques traditionnelles des constellations.

Une constellation brillante

Le Grand Chien est une constellation de premier plan en raison de ses nombreuses étoiles brillantes. Celles-ci incluent Sirius (Alpha Canis Majoris), l'étoile la plus brillante du ciel nocturne, ainsi que trois autres étoiles d'une magnitude supérieure à 2,0. De plus, deux autres étoiles ont déjà surpassé toutes les autres dans le ciel nocturne: Adhara (Epsilon Canis Majoris) qui brillait à une magnitude de -3,99 il y a environ 4,7 millions d'années et Mirzam (Beta Canis Majoris) qui a culminé à -3,65 il y a environ 4,42 millions d'années . NR Canis Majoris, quant à elle sera l'étoile la plus brillante du ciel avec une magnitude de −0,88 dans environ 2,87 millions d'années.

 

Le cartographe allemand Johann Bayer utilisa les lettres grecques Alpha à Omicron pour étiqueter les étoiles les plus importantes de la constellation, y compris trois étoiles adjacentes en Nu et deux autres paires en Xi et Omicron, puis les observateurs ultérieurs désignèrent les autres étoiles de la partie australe de la constellation, difficiles à discerner de l'Europe centrale. Le compatriote de Bayer, Johann Elert Bode, ajouta Sigma, Tau et Omega; l'astronome français Nicolas Louis de Lacaille ajouta des étoiles en lettres a à k (bien qu'aucune ne soit utilisée aujourd'hui). John Flamsteed y a numéroté 31 étoiles, avec 3 Canis Majoris placée par Lacaille dans Columba tout comme Delta Columbae (Flamsteed ne reconnaissait pas la Colombe comme constellation à part entière). Il a également étiqueté deux étoiles - 10 et 13 Canis Majoris - en tant que Kappa1 et Kappa2 respectivement, mais les cartographes suivants, tels que Francis Baily et John Bevis, ont abandonné la première étoile, plus faible, définissant Kappa2 comme seule Kappa. Les noms donnés par Flamsteed à Nu1, Nu2, Nu3, Xi1, Xi2, Omicron1 et Omicron2 sont tous restés en vigueur. 

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" Constellations australes, la Licorne, le Lièvre, le Grand Chien, le Navire, la Colombe, la Tête de l'Hydre " vues par l'astronome allemand Johann Elert Bode (1747-1826) mais reproduites dans " Les étoiles et les curiosités du Ciel " de Camille Flammarion - 1882.

Les étoiles du Grand Chien

Sirius

α Canis Majoris est l'étoile la plus brillante du ciel nocturne. Le nom Sirius est dérivé du mot grec Σείριος Seirios "brillant" ou "brûlant". Avec une magnitude visuelle apparente de -1,46, Sirius est presque deux fois plus brillante que Canopus, la seconde étoile la plus brillante.  C'est avec Canopus le seul astre possédant une magnitude apparente notablement négative, et elle n'a de fait pas été incluse dans les considérations qui ont mené à l'établissement de l'échelle des magnitudes apparentes. Sirius apparait particulièrement brillante en raison de sa luminosité intrinsèque et de sa proximité avec le système solaire. À une distance de 2,64 parsecs (8,6 années-lumière), le système Sirius est l'un des plus proches voisins de la Terre. Sirius se rapproche progressivement du système solaire, donc sa luminosité augmentera légèrement au cours des 60 000 prochaines années. Après cela, sa distance commencera à augmenter et elle redeviendra plus faible, mais elle continuera à être l'étoile la plus brillante du ciel nocturne de la Terre pendant les 210 000 prochaines années.  Sirius est visible de presque partout sur Terre (à l'exception des latitudes au nord de 73° N), apparaissant toutefois moins lumineuse que Jupiter et Vénus, ainsi que Mercure et Mars à certains moments. Au début du mois de  juillet dans l'hémisphère sud , Sirius peut être vu à la fois le soir où il se couche après le soleil et le matin où il se lève avant le soleil. Avec Procyon et Betelgeuse, Sirius forme l'un des trois sommets du Triangle d'hiver pour les observateurs de l'hémisphère nord.

Sirius est une étoile binaire composée d'une étoile de la séquence principale de type spectral A0 ou A1, appelée Sirius A, et d'un compagnon naine blanche de type spectral DA2, appelé Sirius B. La distance entre les deux varie entre 8,2 et 31,5 unités astronomiques, avec une orbite de 50 ans. Le mouvement orbital du système binaire Sirius amène les deux étoiles à une séparation angulaire minimale de 3 secondes d'arc et d'un maximum de 11 secondes d'arc. Au périastre, distinguer la naine blanche de son compagnon plus lumineux est un "défi d'observation" nécessitant un télescope d'au moins 300 mm d'ouverture et d'excellentes conditions de vision. Le dernier périastre s'est produit en 1994 et l'apoastre en 2019, mais du point de vue de la Terre, la plus grande séparation d'observation se produira en 2023, avec une séparation angulaire de 11,33". Le vaisseau spatial Voyager 2, lancé en 1977 pour étudier les quatre planètes géantes du système solaire, devrait passer à 4,3 années-lumière (1,3 pc) de Sirius dans environ 296 000 ans.

Sirius fait partie des étoiles recensées dans les premiers relevés astronomiques. Son déplacement depuis l'écliptique fait que son élévation héliaque est particulièrement régulier par rapport aux autres étoiles, avec une période de presque exactement 365,25 jours, la maintenant constante par rapport à l'année solaire. Ce lever se produit au Caire le 19 juillet (julien), ce qui survenait juste avant le début de l'inondation annuelle du Nil pendant l'Antiquité. En raison de la propre irrégularité de l'inondation, l'extrême précision du retour de l'étoile l'a rendu particulièrement importante pour les anciens Égyptiens, qui l'adoraient en tant que déesse Sopdet (Égyptien antique: Spdt, "Triangle"; grec: Σῶθις, Sō̂this ), garante de la fertilité de leurs terres. 

Les Grecs de l'Antiquité observèrent quant à eux que l'apparition de Sirius annonçait l'été, chaud et sec, et ils craignaient qu'elle ne provoque le flétrissement des plantes, l'affaiblissement des hommes et l'excitation des femmes. En raison de sa luminosité, Sirius scintillait parfois davantage dans les conditions météorologiques instables du début de l'été, ce que les observateurs grecs interprétaient par des émanations qui causaient son influence maligne et ils pensaient que quiconque subissait ses effets était "frappé par les étoiles" (ἀστροβόλητος, astrobólētos). Sirius était d'ailleurs décrite comme "brûlante" ou "enflammée" dans la littérature.  La période qui suivait la réapparition de l'étoile était connue sous le nom des "jours du chien".  Les Romains appelaient ces jours dies caniculares, et l'étoile Sirius s'appelait Canicula, "petit chien". Ils pensaient que le halètement excessif des chiens par temps chaud les exposait à un risque de dessèchement et de maladie. Dans les cas extrêmes, un chien moussant pourrait avoir la rage, qui pourrait infecter et tuer les humains qu'ils avaient mordus. Homère, dans l'Iliade, décrit l'approche d'Achille envers Troie en ces termes :

"[...] resplendissant comme l'étoile caniculaire dont les rayons éclatent parmi les astres innombrables de la nuit,

et qu'on nomme le Chien d'Orion. Et c'est la plus éclatante des étoiles,

mais c'est aussi un signe funeste qui présage une fièvre ardente aux misérables hommes mortels."

(Homère - L'Iliade XXII - trad. Leconte de Lisle - 1866)

Les habitants de l'île de Céos (ou Kea) en mer Égée offraient des sacrifices à Sirius et Zeus pour apporter des brises rafraîchissantes et attendaient la réapparition de l'étoile en été. Si elle s'élevait clairement, cela présagerait de bonne fortune; mais si elle était brumeuse ou faible, alors elle annonçait (ou émanait) la peste. Des pièces de monnaie récupérées sur l'île datant du 3ème siècle avant JC représentent des chiens ou des étoiles irradiantes, soulignant l'importance de Sirius.

Les Romains célébraient le lever héliaque de Sirius vers le 25 avril, sacrifiant un chien, de l'encens, du vin et un mouton à la déesse Robigo, afin que les émanations de l'étoile ne provoquent pas la rouille du blé sur les récoltes de blé.

pour les anciens Polynésiens, les étoiles brillantes étaient importantes pour la navigation sur l'océan Pacifique. Elles servaient également de marqueurs de latitude; la déclinaison de Sirius correspond à la latitude de l'archipel des Fidji à 17 ° S et passe ainsi directement au-dessus des îles chaque nuit. Sirius appartenait au corps d'une constellation de la forme d'un "grand oiseau" appelée Manu, avec Canopus à l'extrémité de l'aile Sud et Procyon à l'extrémité de l'aile d'aile Nord, qui divisait le ciel nocturne polynésien en deux hémisphères. Tout comme l'apparition de Sirius dans le ciel matinal marquait l'été en Grèce, elle marquait le début de l'hiver pour les Maoris, dont le nom Takurua décrivait à la fois l'étoile et la saison. Son point culminant au solstice d'hiver a été marqué par une célébration à Hawaï, où elle était connue sous le nom de Ka'ulua, la "Reine du Ciel". De nombreux autres noms polynésiens ont été enregistrés, notamment Tau-ua dans les îles Marquises, Rehua en Nouvelle-Zélande et Ta'urua-fau-papa "Fête des grands chefs originels" et Ta'urua-e-hiti-i-te- tara-te-feiai "Fête qui se lève avec des prières et des cérémonies religieuses" à Tahiti.

En 1717, Edmond Halley découvrit le mouvement propre des étoiles, présumées "fixes" jusqu'alors, après avoir comparé les mesures astrométriques contemporaines avec celles de l'Almageste de Ptolémée (mesures faites par Timocharis et Aristyllus près de 300 ans avant Jésus-Christ), et par Hipparque environ 170 ans après eux. Il constata que les étoiles brillantes Aldebaran, Arcturus et Sirius s'étaient déplacées de manière significative, Sirius ayant bougé d'environ 30 minutes d'arc (environ le diamètre de la Lune) vers le sud-ouest. Par ailleurs, en 1868 Sirius est devenu la première étoile à avoir sa vitesse mesurée (marquant le début de l'étude des vitesses radiales célestes).

Sirius a plus de 50 autres désignations et noms qui lui sont attachés. Dans l'essai Treatise on the Astrolabe de Geoffrey Chaucer, elle porte par exemple le nom d'Alhabor et est représentée par une tête de chien (manuel d'instruction médiéval publié en 1391 sur l'astrolabe qui décrit à la fois la forme et l'utilisation appropriée de l'instrument, considéré comme le "le plus ancien travail en anglais écrit sur un instrument scientifique élaboré". Il est loué pour sa clarté dans l'explication de concepts difficiles - bien que les lecteurs modernes dépourvus d'un astrolabe puissent en trouver les détails difficiles à comprendre. Il se distingue comme un travail technique en prose d'un écrivain plus connu pour la poésie, écrit en anglais et non pas en latin). Ce nom d'Alhabor sera largement utilisé sur les astrolabes médiévaux d'Europe occidentale.

En sanskrit, Sirius est appelée Mrgavyadha "chasseur de cerfs" ou Lubdhaka "chasseur". En tant que Mrgavyadha, l'étoile représente Rudra (Shiva). En Scandinavie, elle s'appelait Lokabrenna ("brûlure faite par Loki" ou "torche de Loki").

Dans l'astrologie du Moyen Âge, Sirius était une étoile fixe béhénienne, associée au béryl et au genévrier (les étoiles fixes béhéniennes étaient un groupe de quinze étoiles considérées comme particulièrement utiles pour des applications magiques dans l'astrologie médiévale de l'Europe et du monde arabe. Leur nom dérive de l'arabe bahman, «racine», car chacune était considérée comme une source de puissance astrologique pour une ou plusieurs planètes. Chacune était également liée à une pierre précieuse et à une plante qui devaient être utilisées dans les rituels destinés à attirer l'influence de l'étoile (par exemple, dans un talisman). Lorsqu'une planète était à moins de six degrés d'une étoile associée, cette influence était considérée comme particulièrement forte).

 

Dans la mythologie iranienne, en particulier dans la mythologie perse et dans le zoroastrisme, l'ancienne religion de la Perse, Sirius est Tishtrya et est vénérée comme la divinité de la pluie (Tishtar de la nouvelle poésie persane).

Dans l'astronomie chinoise, Sirius est connu comme l'étoile du "loup céleste" (天狼, Tiānláng) dans la Loge de Jǐng (井 宿).

De nombreuses nations parmi les peuples autochtones d'Amérique du Nord ont également associé Sirius aux chiens ; les Seri et Tohono O'odham du sud-ouest (populations indigènes du Sonora) décrivaient l'étoile comme un chien qui suivait les moutons de montagne, tandis que la Confédération des Pieds-Noirs l'appelaient "la tête du chien". Les Cherokee liaient Sirius avec Antares en tant que chiens de garde à chaque extrémité du "Chemin des Âmes". Les Pawnee du Nebraska avaient plusieurs associations ; la Tribu du Loups (Skidi) la connaissait sous le nom de "Etoile du Loup", tandis que les autres branches le connaissaient sous le nom de "l'Etoile du Coyote". Plus au nord, les Inuits d'Alaska du détroit de Béring l'appelaient "le Chien de la Lune".

Plusieurs cultures ont également associé l'étoile à un arc et des flèches. Les anciens Chinois dessinaient un grand arc et une flèche dans le ciel du sud, formés par les constellations de Puppis et Canis Major. La pointe de la flèche était pointée vers le loup, Sirius. Une association similaire est représentée au Temple d'Hathor à Dendérah, où la déesse Satet a dessiné sa flèche sur Hathor (Sirius). Connue sous le nom de "Tir", l'étoile était décrite comme la flèche elle-même dans la culture perse plus tardive.  Sirius est mentionné dans la sourate, An-Najm ("L'étoile"), du Coran, où il lui est donné le nom الشِّعْرَى (translittération de aš-ši'rā ou ash-shira; le chef). Le verset est: "وأنَّهُ هُوَ رَبُّ الشِّعْرَى", "Qu'Il est le Seigneur de Sirius (la Puissante Etoile)." (An-Najm: 49). Ibn Kathir (ابن كثير), un historien célèbre du 14ème siècle dit dans son commentaire que "c'est l'étoile brillante, nommée Mirzam Al-Jawza '(Sirius), qu'un groupe d'Arabes adorait". Le nom alternatif Aschere, utilisé par Johann Bayer, en est dérivé.

 

Sirius est un système d'étoiles binaires composé de deux étoiles blanches en orbite l'une autour de l'autre avec une séparation d'environ 20 UA (à peu près la distance entre le Soleil et Uranus) avec une période de 50,1 ans. Le composant le plus brillant, appelé Sirius A, est une étoile de la séquence principale de type spectral précoce A, avec une température de surface estimée à 9 940 K. Son compagnon, Sirius B, est une étoile qui a déjà évolué hors de la séquence principale et est devenue une naine blanche. Actuellement 10 000 fois moins lumineux dans le spectre visuel, Sirius B était autrefois le plus massif des deux. L'âge du système a été estimé à environ 230 millions d'années. Au début de sa formation, le système était probablement composé de deux étoiles blanc bleuâtre en orbite l'une autour de l'autre sur une orbite elliptique tous les 9,1 ans. Le système émet un niveau de rayonnement infrarouge plus élevé que prévu (données de l'observatoire spatial IRAS) qui pourrait traduire la présence de poussière dans le système, ce qui est inhabituel pour une étoile binaire. 

 

Sirius A a une masse de 2 M☉ (masses solaires). Son rayon a été mesuré par un interféromètre astronomique, donnant un diamètre angulaire estimé de 5,936 ± 0,016 mas. Sa vitesse de rotation projetée est de 16 km/s cad relativement faible, ce qui ne produit aucun aplatissement significatif de son disque.  Les modèles stellaires suggèrent que l'étoile s'est formée lors de l'effondrement d'un nuage moléculaire et qu'après 10 millions d'années, sa production d'énergie interne était entièrement dérivée de réactions nucléaires. Le noyau est devenu convectif et a utilisé le cycle CNO pour la production d'énergie. Sirius A aura complètement épuisé la réserve d'hydrogène en son cœur dans un délai d'un milliard d'années après sa formation, puis sortira de la séquence principale. Il passera par une phase de géante rouge et finira par devenir une naine blanche. Sirius A est classé comme une étoile Am parce que le spectre montre des raies d'absorption métalliques profondes, indiquant un enrichissement des éléments plus lourds que l'hélium, comme le fer. Son type spectral est de type A0mA1 Va, ce qui signifie qu'il est classé A1 à partir des raies d'hydrogène et d'hélium, mais A0 du fait des raies métalliques, qui le regroupent avec les étoiles Am.

 

Sirius B est l'une des naines blanches les plus massives connues avec une masse de 1,02 M☉, soit presque le double de la moyenne de 0,5–0,6 M☉. Cette masse est contenue dans un volume à peu près égal à celui de la Terre. La température de surface actuelle est de 25 200 K. Comme elle n'a pas de source de chaleur interne, Sirius B se refroidit régulièrement car la chaleur restante sera rayonnée dans l'espace pendant plus de deux milliards d'années. Une naine blanche se formant après qu'une étoile ait évolué à partir de la séquence principale en passant pas une une phase de géante rouge, ce qui s'est produit lorsque Sirius B avait moins de la moitié de son âge actuel, il y a environ 120 millions d'années. L'étoile d'origine avait un poids estimé de 5 M☉ et était une étoile de type B (entre B4–B5) alors qu'elle était encore sur la séquence principale. En passant par le phase géante rouge, Sirius B a peut-être enrichi la métallicité de son compagnon. Cette étoile est principalement composée d'un mélange carbone-oxygène qui a été généré par la fusion d'hélium dans l'étoile progénitrice, recouvert par une enveloppe d'éléments plus légers (les matériaux étant séparés en masse en raison de la gravité élevée de la surface). L'atmosphère externe de Sirius B est constituée d'hydrogène presque pur - l'élément de masse la plus faible - et aucun autre élément n'est observé dans son spectre.

Johann Elert Bode - Einhorn, Grosser und

La Licorne, le Grand Chien et le Lièvre, vus par l'astronome allemand Johann Elert Bode (1747-1826) en 1801. Sur 20 grandes gravures sur cuivre Bode a inclus plus de 17 000 étoiles, bien plus que n'importe quel atlas précédent. Il y a représenté plus de 100 constellations, contre 88 officiellement reconnues aujourd'hui. Certains qui sont apparus dans cet atlas pour la première fois, mais qui ne sont pas officiellement reconnus aujourd'hui, comprennent le chat, la presse à imprimer, le ballon Montgolfier et le générateur électrique (constellations alors récemment inventées par Hevelius et Lacaille). Bode avait également inclus 2 500 « nébuleuses », cataloguées par William Herschel.

Mirzam

Située à une distance d'environ 500 années-lumière (150 parsecs) du Soleil, β Canis Majoris, également nommée Mirzam, se trouve à la position de la patte avant du chien.  Ses noms traditionnels Mirzam, Al-Murzim ou Murzim, dérivent de l'arabe (مرزم) signifiant "Le Héraut" et se réfèrent probablement à sa position, annonçant (c'est-à-dire se levant avant) Sirius dans le ciel nocturne. 

En chinois, β Canis Majoris est appelée 軍 市 一 (Jūn Shì yī, "La Première Etoile du Marché des Soldats), se référant à l'astérisme 軍 市 (Jūn Shì), signifiant " le Marché des Soldats", composé de β Canis Majoris, Nu3 Canis Majoris, 15 Canis Majoris, Pi Canis Majoris, Omicron1 Canis Majoris et Xi1 Canis Majoris.

La carte stellaire de Dunhuang notait β Canis Majoris comme Yeji "le Coq Faisant", bien qu'il soit situé à environ 10 degrés trop au nord de sa position correcte.

Beta Canis Majoris était appelée Oupo par les habitants des Tuamotu.

 

Mirzam est une variable de type Beta Céphéide, dont la magnitude apparente varie entre +1,97 et +2,01 sur une période de six heures, un changement de luminosité trop faible pour être discerné à l'œil nu. Sa variation de luminosité est liée aux pulsations périodiques de son enveloppe externe, qui suivent un schéma complexe avec trois cycles différents. Les deux fréquences de pulsation dominantes ont une période de battement combinée d'environ 50 jours. Le mode de pulsation le plus fort est une première harmonique radiale, tandis que la seconde est non radiale. Cette étoile a une masse d'environ 13 à 14 M☉ avec 8 à 11 fois R☉. La température effective de l'enveloppe externe  de l'étoile est d'environ 23 150 K (celle du Soleil est à 5778 K), ce qui lui donne une teinte bleu-blanc caractéristique d'un type stellaire B . L'âge estimé de Mirzam est de 12 à 13 millions d'années, ce qui est assez long pour qu'une étoile de cette masse ait évolué vers le phase de géante. La classification stellaire de B1 II-III indique que le spectre correspond à une étoile à mi-chemin entre une étoile géante et une géante brillante.

 

Beta Canis Majoris est situé près de l'extrémité la plus éloignée de la Bulle locale (ou Bulle locale interstellaire), une région de quelques centaines d'années-lumière au sein de laquelle est situé le Système solaire, et qui émet un surplus de rayons X. Elle est probablement issue d'un ensemble d'explosions de supernovas survenues il y a quelques millions d'années. Il est supposé que la supernova ayant engendré le pulsar très énergétique PSR J0633+1746 (Geminga) fasse partie des progéniteurs de la bulle locale. Une carte 3D très détaillée de la Bulle locale a été publiée en février 2010. La Bulle locale elle-même n'est pas vide ; en effet le Soleil (et le Système solaire entier) se trouve actuellement à l'intérieur d'un petit nuage interstellaire très diffus mais dont la température moléculaire est de l'ordre de 6000 K, ce qui représente approximativement la même température que la surface du Soleil.

La bulle locale a une forme évoquant un sablier. Le système solaire est situé dans un de ses deux lobes, l'autre lobe étant centré au voisinage de β Canis Majoris.

Muliphein

Il est étonnant que cette étoile relativement faible ait reçu la désignation "γ Canis majori", peut-être tout simplement parce qu'elle est dans la même partie de la constellation que Sirius (alpha) et Mirzam (bêta). Son nom traditionnel de Muliphein est à ne pas confondre avec Muhlifain, qui est γ Centauri, les deux noms dérivant de la même racine arabe, محلفين muħlifayn.

C'est une géante brillante de type B bleu-blanc avec une classification stellaire B8II et une magnitude apparente de +4,11. Elle se situe à environ 440 années-lumière de la Terre. C'est une étoile Hg-Mg particulière sur le plan chimique, affichant des raies anormales de mercure et de magnésium. Elle fait 5,6 fois rayons solaires et son enveloppe externe a une température effective de 13 596 K. Il semble qu'il sagisse d'un système binaire spectroscopique, avec un compagnon candidat à une séparation angulaire de 0,332″ le long d'un angle de position de 114,8°. Elle fait partie de l'amas ouvert Collinder 121.

 

Wezen, Adhara, Aludra et Thanih al Adzari, Les Vierges

ε Canis Majoris (Adhara), δ Canis Majoris (Wezen), η Canis Majoris (Aludra) et ο2 Canis Majoris (Thanih al Adzari) étaient appelés Al Adzari ou Al ʽAdhārā (ألعذاري), "les vierges", dans la tradition arabe médiévale et répertoriées dans le catalogue des étoiles du Calendarium d'al-Akhṣāṣī al-Muwaqqit.

Muḥammad al-Akhṣāṣī al-Muwaqqit (محمد الاخصاصي الموقت) était un astronome égyptien dont le Calendarium et le catalogue d'étoiles, al-Durrah al-muḍīyah fī al-ʻamāl al-shamsīyah ('Perles de brillance sur les opérations solaires') , a été écrit au Caire vers 1650. Al-Akhsasi était un shaykh, un ancien érudit, de la Grande Mosquée de l'université du Caire, où son nom al-Muwaqqit reflétait sa position régissant les heures et les heures à la mosquée. Son nom Akhsasi le relie à l'origine à un village du Faiyum, au sud-ouest du Caire.

 

Aucune copie de son livre n'était connue des astronomes occidentaux ou des historiens des sciences avant 1895 aussi n'apparut-il pas dans les bibliographies et catalogues de bibliothèques standards françaises et anglaises du 19ème siècle.

Wezen

δ Canis Majoris, officiellement nommé Wezen est une supergéante de type F jaune-blanc avec une magnitude apparente de +1,83. Depuis 1943, le spectre de cette étoile sert de point d'ancrage stable par lequel d'autres étoiles sont classées.  δ Canis Majoris est la troisième étoile la plus brillante de la constellation après Sirius et ε Canis Majoris (Adhara), avec une magnitude apparente de +1,83, et est de couleur blanche ou jaune-blanc. Dans l'Uranometria de Bayer, elle représente la cuisse arrière du Grand Chien.

Son nom traditionnel, Wezen (ou Wesen ou Wezea), est une translittération de l'arabe médiéval وزن al-wazn, qui signifie "poids". Le nom se référait à une paire d'étoiles, la seconde étant Hadar, qui est maintenant la désignation de β Centauri. Il n'est pas certain si la paire d'étoiles était à l'origine α et β Centauri ou α et β Columbae. Dans tous les cas, le nom a été appliqué d'une manière ou d'une autre à δCanis Majoris et β Columbae. Richard Hinckley Allen pense que le nom fait allusion à la difficulté de l'étoile à s'élever au-dessus de l'horizon dans l'hémisphère nord.

En chinois, δ Canis Majoris est connue sous le nom de 弧 矢 一 (Hú Shǐ yī : "la Première Etoile de l'Arc et de la Flèche"), 弧 矢 (Hú Shǐ), étant l"astérisme de "l'Arc et la Flèche" composé de δ Canis Majoris, ε Canis Majoris, η Canis Majoris, κ Canis Majoris, ο Puppis, π Puppis, χ Puppis, c Puppis et k Puppis. 

Dans le catalogue des étoiles du Calendarium d'Al Achsasi Al Mouakket, cette étoile était désignée par Thalath al Adzari (تالت ألعذاري - taalit al-aðārii), qui a été traduit en latin par Tertia Virginum, signifiant la troisième vierge.

Adhara

ε Canis Majoris est une étoile binaire et, bien qu'elle soit désigné ε, c'est le deuxième objet le plus brillant de la constellation et l'une des étoiles les plus brillantes dans le ciel nocturne avec une magnitude apparente de 1,50. Il y a quelques millions d'années, ε Canis Majoris était beaucoup plus proche du Soleil qu'elle ne l'est actuellement, ce qui en faisait une étoile beaucoup plus brillante dans le ciel nocturne. Il y a environ 4,7 millions d'années, Adhara était à 34 années-lumière du Soleil et était l'étoile la plus brillante du ciel avec une magnitude de -3,99. Aucune autre étoile n'a atteint cette luminosité depuis, et aucune autre étoile n'atteindra cette luminosité pendant au moins cinq millions d'années. Sur la base de mesures de parallaxe obtenues lors de la mission Hipparcos, sa distance est estimée à environ 430 années-lumière du Soleil. Les deux composants sont désignés ε Canis Majoris A (également officiellement nommé Adhara, le nom traditionnel du système) et B. 

 

ε Canis Majoris porte depuis 2016 le nom traditionnel d'Adhara (parfois orthographié Adara, Adard, Udara ou Udra), dérivé du mot arabe عذارى «aðāra», "les Vierges". Elle marque la cuisse droite du chien sur l'atlas de Bayer.

Dans le catalogue des étoiles du Calendarium d'Al Achsasi al Mouakket, cette étoile était désignée Aoul al Adzari (أول العذاري awwal al-adhara), traduit en latin par Prima Virginum, signifiant "la Première des Vierges" et en chinois, ε Canis Majoris était connue sous le nom de 弧 矢 七 (Hú Shǐ qī), "la Septième Etoile de l'Arc et de la Flèche".

Le primaire, ε Canis Majoris A, a une magnitude apparente de +1,5 avec une classification spectrale B2 est de couleur bleue ou blanc bleuâtre en raison de sa température de surface de 22 200K. Il émet un rayonnement total égal à 38 700 fois celui du Soleil. Cette étoile est la source la plus brillante d'ultraviolets extrêmes dans le ciel nocturne. C'est aussi la plus puissante source de photons capables d'ioniser les atomes d'hydrogène dans le gaz interstellaire près du Soleil, et elle est doncimportante pour déterminer l'état d'ionisation du nuage interstellaire local. 

 

Le compagnon de magnitude + 7,5 (la magnitude absolue s'élève à +1,9), ε Canis Majoris B, se trouve à 7,5" avec un angle de position de 161 ° par rapport à l'étoile principale. Malgré leur distance angulaire relativement grande, les deux composantes ne peuvent pas être résolues par les grands télescopes, puisque le primaire est environ 250 fois plus lumineux que son compagnon.

 

Niché entre Adhara et Wezen se trouve Sigma Canis Majoris, connu sous le nom d'Unurgunite pour les Boorong et Wotjobaluk, [23] une supergéante rouge de type spectral K7Ib qui varie irrégulièrement entre les magnitudes 3,43 et 3,51.

Aludra

η Canis Majoris est une étoile dont le spectre sert de point d'ancrage stable depuis 1943 pour la classification spectrale MK. Son nom traditionnel Aludra vient de l'arabe  العذراء al-adhraa "la vierge". Cette étoile, avec Epsilon Canis Majoris (Adhara), Delta Canis Majoris (Wezen) et Omicron2 Canis Majoris (Thanih al Adzari) formait l'astérisme d'Al ʽAdhārā (العذاري) "les vierges". En chinois, elle est connue sous le nom de 弧 矢 二 (Hú Shǐ èr) "la Deuxième Etoile de l'Arc et la Flèche", au sein de l'astérisme de l'"Arc et la Flèche" 弧 矢 (Hú Shǐ) composé de η Canis Majoris, δ Canis Majoris, HD 63032, HD 65456, o Puppis, κ Puppis, ε Canis Majoris, κ Canis Majoris et π Puppis.

Classée comme une étoile variable de type Alpha Cygni et sa luminosité varie de magnitude +2,38 à +2,48 sur une période de 4,7 jours,

Aludra brille dans le ciel malgré sa grande distance à la Terre car elle est intrinsèquement des milliers de fois plus brillante que le Soleil. Supergéante bleu-blanc de type spectral B5Ia, Aludra a une luminosité estimée entre 105 442 fois et 176 000 fois et un diamètre de 19.19 à environ 80 fois celui du Soleil selon les études. Bien que nettement plus jeune que le Soleil elle en est déjà aux dernières étapes de sa vie, apparemment encore en expansion et devant se transformer en supergéante rouge (bien qu'elle ait peut-être déjà dépassé cette phase), mais dans les deux cas, il explosera en supernova dans les prochains millions d'années.

Thanih al Adzari

Comme η Canis Majoris, o²  Canis Majoris est une étoile dont le spectre sert de point d'ancrage stable depuis 1943 pour la classification spectrale MK. Sa magnitude visuelle apparente est de 3,043, ce qui en fait l'une des étoiles les plus brillantes de la constellation. Sa distance est d'environ 2 800 années-lumière (800 parsecs), avec une marge d'erreur de 34%.

 

Il s'agit d'une étoile supergéante massive avec une classification stellaire de B3 Ia, ce qui signifie qu'avec un âge d'environ 7 millions d'années, elle a épuisé l'approvisionnement en hydrogène en son cœur et réalise maintenant la fusion nucléaire de l'hélium pour produire de l'énergie. Elle fait environ 21 masses solaires et 65 rayons solaires. Elle devrait terminer son évolution en supernova de type II.

 

o² Canis Majoris est l'une des étoiles les plus lumineuses connues, avec un rayonnement d'environ 220 000 fois la luminosité solaire depuis son enveloppe extérieure avec une température de 15 500 K. À cette température, l'étoile brille avec la teinte bleu-blanc d'une étoile de type B. o² Canis Majoris est une étoile variable de type Alpha Cygni qui subit des pulsations non radiales périodiques, ce qui fait passer sa luminosité de magnitude +2,93 à +3,08 sur un intervalle de 24,44 jours. Elle perd de la masse à cause de son vent stellaire à un taux d'environ 2 × 10^9 fois la masse du Soleil par an, ou l'équivalent d'une masse solaire tous les 500 millions d'années.

de 3,81 à 3,90).

Sidney Hall Urania's Mirror - Canis Majo

Canis Major, Lepus, Columba Noachis & Cela Sculptoris, planche 30 du Miroir d'Uranie, un ensemble de cartes célestes accompagnées d'un traité familier d'astronomie par Jehoshaphat Aspin. Londres. Carte astronomique, tirage sur carton. 1825. Eau-forte, coloriée à la main.

Essaims météoritiques du Grand Chien

Il n'existe pas d'essaim météoritique associé au Grand Chien (à l'inverse du Petit Chien).

Lepus et Canis Major - Mercator.jpeg

Le Grand Chien sur le Globe Céleste de Mercator de 1551 (Collection d'Harvard)

Grand Chien UAI.jpg

Roger Sinnott & Rick Fienberg, Sky and Telescopes