Constellation

         de la LYRE

La Lyre est une petite constellation connue dès la haute antiquité et possiblement bien avant. Pour les Européens, sans surprise elle représente la lyre, un instrument de musique à cordes qui n’est plus guère utilisé depuis le Moyen-Âge.

La constellation est associée au mythe du poète et musicien grec Orphée. Elle était souvent représentée sur les atlas du ciel avec un vautour ou un aigle portant une lyre, faisant référence à la représentation qu'en avaient les Arabes.

La constellation contient six étoiles officiellement nommées par l'Union astronomique internationale (UAI) : Aladfar, Sheliak, Sulafat, Vega, Xihe et Chasoň. Vega, l'étoile la plus brillante de la Lyre, est l'une des étoiles les plus brillantes du ciel nocturne et forme l’astérisme du Triangle d'Eté.

Constellation de la Lyre dans le Johannis Hevelii prodromus astronomiae (également connu sous le nom d'Uranographia) par Johannes Hévélius. 1690.

Lyra Lyre Constellation Hevelius Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Photographie de la constellation par Akira Fujii (@Mount David)

Tracé UAI Jean-Brice GAYET

Connue sous de nombreux noms dérivés, elle était appelée la Harpe du Roi Arthur (Talyn Arthur) ou Harpe du Roi David au Pays de Galles ou la Lyre de Zurah par le Persan Hafiz. Elle a aussi été appelée la Crêche de l’Enfant Sauveur (Praesepe Salvatoris) par Novidius, du fait de la présence de Véga, l’Etoile Bleue.

 

Mais Vega et ses étoiles environnantes formaient une constellation ou un astérisme différent dans d'autres cultures ; ainsi, la zone correspondant à la Lyre était vue par les Arabes comme un vautour ou un aigle portant une lyre, soit enfermé dans ses ailes, soit dans son bec. Dans l'astronomie aborigène australienne, la Lyre était connue par le peuple Boorong à Victoria comme la constellation du Leipoa Volant (Le Léipoa ocellé est une espèce d'oiseau endémique de l'Australie vivant au sol, sensiblement de la taille d'un poulet domestique. Il s'agit de la seule espèce vivante du genre Leipoa). La Lyre était connue sous le nom d'Urcuchillay par les Incas et était vénérée comme une divinité animale.

Le mythe d'OrPhée a conduit à l'apparition de l’orphisme, qui fut un courant religieux de la Grèce antique connu par un ensemble de textes et d'hymnes ainsi que par quelques attestations archéologiques.

 

L'épisode le plus célèbre du mythe d'Orphée (la descente aux Enfers du héros à la recherche d'Euridyce son épouse, comme décrit ci-dessous) donna naissance à une théologie initiatique ; une doctrine de salut marquée par une souillure originelle. L'âme est condamnée à un cycle de réincarnations dont seule l'initiation pourra la faire sortir, pour la conduire vers une survie bienheureuse où l'humain rejoint le divin. On entrevoit cette eschatologie (l'eschatologie du grec ἔσχατος / eschatos, « dernier », et λόγος / lógos, « parole », « étude » est le discours sur la fin du monde ou la fin des temps) à travers une littérature poétique apocryphe hellénistique, voire néoplatonicienne, conservée sous le nom d'Orphée.

Il semble que l'on puisse faire remonter les origines de l'orphisme au moins à 560 av. J.-C. (par une sculpture datée représentant Orphée jouant de la lyre), cependant l'orphisme se développe surtout à partir du Vème siècle avant JC (les dernières œuvres « orphiques » datant du Vème siècle de notre ère). Son nom provient d'Orphée, initiateur mythique (cf. infra). Malgré sa célébrité, et toutes les théories que son caractère mystérieux a fait naître, la connaissance réelle de l'orphisme reste lacunaire et sa figure exacte sujette à caution. L'orphisme se présente comme un courant mystique tel que la pensée grecque en avait développé à partir du IVème siècle av. J.-C. 

Le premier auteur qui fait allusion à l'orphisme comme mouvement ayant un caractère religieux est Hérodote. Dans le livre II des Histoires (ou L'Enquête), l'historien grec évoque les coutumes égyptiennes de l'époque. Il écrit :

Leurs habits sont de lin, avec des franges autour des jambes : ils les appellent calasiris ; et par-dessus ils s'enveloppent d'une espèce de manteau de laine blanche ; mais ils ne portent pas dans les temples cet habit de laine, et on ne les ensevelit pas non plus avec cet habit : les lois de la religion le défendent. Cela est conforme aux cérémonies orphiques, que l'on appelle aussi bachiques, et qui sont les mêmes que les égyptiennes et les pythagoriques. En effet, il n'est pas permis d'ensevelir dans un vêtement de laine quelqu'un qui a participé à ces mystères. La raison que l'on en donne est empruntée de la religion.

Hérodote. Livre II : Euterpe 

Cette notion d'interdit de la laine est retrouvée dans L’Apologie d’Apulée : « En effet la laine, dépouille enlevée à un animal sans énergie, à un vil bétail, est une substance déclarée profane, même dès le temps où Orphée et Pythagore instituaient leur rituel. ». Après Hérodote, la seconde source attestant de pratiques orphiques est la tragédie Hippolyte d'Euripide. Thésée a appris la mort de Phèdre et trouve dans les mains de la défunte les tablettes qui accusent Hippolyte de viol, raison de son suicide. S’en suit un long et violent discours de Thésée à l’adresse de son fils Hippolyte où figure ce passage :

Voyez ce monstre, né de mon sang, qui a souillé ma couche, à qui ce corps inanimé reproche trop clairement sa scélératesse ! Souillé d'un tel crime, ose regarder ton père en face. C'est donc toi qui, supérieur aux autres mortels, jouis du commerce des dieux ? toi qui es chaste, et pur de toute corruption ? Non, je ne crois plus à tes jactances ; je ne suppose pas les dieux jouets de l'ignorance et de l'erreur. Vante-toi désormais, abuse les hommes en t'abstenant de manger de la chair des animaux, suis la trace d'Orphée, fréquente les mystères de Bacchus, et repais-toi des fumées de la science : te voilà démasqué. Je le dis hautement, fuyez ces hypocrites : sous de nobles paroles, ils cachent la bassesse de leurs intrigues. Phèdre n'est plus : crois-tu que sa mort te dérobe au châtiment ? mais, misérable, cette mort même dépose contre toi.

On retrouvera d'autres éléments sur Orphée dans la constellation d'Hercule et surtout dans la description du mythe des Argonautes dans la constellation de la Poupe.

Ainsi, dans le milieu du Vème siècle av. J.-C., il apparaît donc un groupe de personnes qui se considéraient comme les disciples d'Orphée. Ils étaient végétariens et dans Les Lois, Platon qualifiait d'ailleurs le régime de ceux "qui mangeaient de tout ce qui est inanimé, mais s'abstenaient de tout ce qui a vie" de "régime orphique". Il semble que les "orphiques" pratiquaient des rites, bien qu'il n'y ait aucun détail sur leur nature exacte.

Lyre Tyrion Sky Atlas 2000.0 Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Vue de la Lyre dans le Sky Atlas 2000.0 de Tirion

MYTHOLOGIE

Dans lE mythe grec, Orphée est le fils de la muse Calliope, muse de l’éloquence et de la Poésie et du roi de Thrace Oeagre. Soupçonné d’être en fait le fils d’Apollon qui en fait son élève, il démontre dès son enfance de grandes dispositions à la musique et à la poésie. Aussi Apollon lui offre une lyre à sept cordes, conçue par Hermès à partir d'une carapace de tortue, à laquelle il rajoute deux cordes en l’honneur des muses. Héros antique, il charme rochers et arbres qui se déplacent pour l’écouter, attendrit les bêtes les plus féroces et les monstres, et les hommes les plus durs retrouvent la douceur de l’enfance en l’écoutant.

En revenant d’une longue expédition au côté des argonautes, il rencontre Eurydice, une dryade, dont il tombe éperdument amoureux. Déesse de la forêt elle incarne de manière douce la force des arbres et particulièrement des chênes. Orphée et Eurydice se marient, mais mauvais augure, lors de leur mariage, le chant d’Hyménée le Dieu du Mariage est triste et sans joie et la torche qu’il brandit est faible et de couleur ocre, autant de mauvais présages qui font pleurer les invités.

Lyre Lyra Constellation Fortin Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Constellations du Cygne, de la Lyre et du Renard. Carte des étoiles de 1776.  Atlas Céleste de Flamsteed de Fortin

Jeune mariée, Eurydice part tous les matins se baigner dans le fleuve en compagnie des naïades sans réaliser qu'un berger fruste du nom d’Aristée dont elle refuse les avances l’épie depuis plusieurs jours et finit par les pourchasser. Toutes s’enfuient, mais Eurydice marche sur un serpent mortel et elle meurt instantanément. Orphée, fou de désespoir et de chagrin, se rend à la porte des enfers en Laconie, dans l’espoir de ramener sa jeune épouse.

Il descend courageusement dans les profondeurs, et charme, avec sa musique plaintive et lancinante, le passeur Charon, le chien à trois têtes Cerbère, les trois juges des morts et les Euménides. Hadès, l’impitoyable Dieu des Morts l’autorise alors à ramener sa bien-aimée dans le royaume des vivants, à la seule condition qu’Orphée ne se retourne pas tant qu’elle n’a pas atteint la rive des vivants et la lumière du soleil.

Eurydice le suit dans la pénombre, au son de sa lyre, mais lorsqu’il arrive près du but, Orphée, pris de doutes, n’entendant plus de bruit, se retourne, la perdant ainsi à jamais dans un dernier cri. Accablé de douleur, Orphée tente de redescendre aux enfers, mais son épouse est bien morte et ne reviendra jamais.

Il décide alors de se retirer avec sa peine au Mont Rhodope où il cache son désespoir, ne cessant de chanter son amour pour Eurydice. Le dieu Dyonisos le livre aux Ménades, des furies qui déchiquettent son corps et le jettent à l’eau, mais sa tête émerge et continue de chanter la gloire de son épouse. Les muses, éplorées, enterrent sa dépouille au pied du mont Olympe et l’on prétend que sa tête n’en finit par de chanter le prénom de sa belle.

Revenus du royaume des morts, comme invincibles et portés par son indestructible amour, l’âme d’Orphée et la force de la musique dont il s’est inspiré, portés par le souvenir envoûtant d’Eurydice, règnent sur la mythologie grecque en tant que plus belle histoire d’amour.

Superposition de la constellation avec la représentation de la Lyre par Hevelius 

Il existe deux mythes concurrents concernant la mort d'Orphée.

 

D’après Ératosthène qui s’appuie sur Eschyle, Orphée aurait négligé de rendre un culte à Dionysos et n’aurait rendu hommage qu’à Apollon. Dans sa colère, Dionysos aurait alors envoyé ses desservantes déchirer le poète. Ovide raconte une histoire assez différente : les femmes, en représailles au rejet d'Orphée à leur offre de mariage, se liguèrent contre lui et lui jetèrent des pierres et des lances. Au début, sa musique les charma, mais leur nombre et leurs clameurs finirent par submerger sa musique et il fut frappé par les lances. Les deux mythes s’accordent pour dire que sa lyre fut alors été placée dans le ciel par Zeus et les os d'Orphée enterrés par les muses.

Si la plupart des auteurs antiques s'accordaient sur l'existence historique d'Orphée, pour Aristote, Orphée n'a jamais été poète. Selon lui, l’auteur des hymnes orphiques se nomme Cercops. Orphée est évoqué dans un poème d'Ibycos, au VIIe siècle. La légende d'Orphée est liée à la religion des mystères ainsi qu'à une littérature sacrée ; il enseigna les initiations, et à s'abstenir des meurtres par l'instauration des expiations.

Les religions à mystères ou cultes à mystères sont les cultes, rituels ou religions apparus dans le monde gréco-romain à des dates variables, mais dont l'expansion la plus grande se situe aux premiers siècles de notre ère, coïncidant avec le développement du christianisme.  Selon certains, les « mystères » proviendraient de l'Inde mais, selon Diodore, c'est Orphée, prêtre légendaire d'Apollon, qui introduisit en Grèce les mystères rapportés d'Égypte. Quoi qu'il en soit, ces cultes se sont répandus dans tout l'Empire, tant en Orient qu'en Occident. En Gaule, par exemple, les traces les plus connues de cultes à mystères se situent à Alésia et Bibracte (Autun). Les cultes à mystères se différencient des cultes traditionnels (cultes autochtones du ou des dieux de la cité) sur différents points : ils sont enseignés par des « initiés » et ne concernent pas une ethnie ou une cité particulière. Ils ont un côté secret : pour se mettre à l'abri de tout dévoiement et profanation, ces cultes sont souvent accomplis à l'abri des regards (mais certains aspects sont publics). À l'instar des philosophies en vogue dans les premiers siècles de notre ère – en particulier le stoïcisme et le platonisme –, ces religions s'articulent souvent sur des idées d'universalisme, de conversion des mœurs, de purification, de salvation, ainsi que sur un discours concernant l'au-delà.

 
Lyre Lyra Constellation Flammarion Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

La constellation de la Lyre représentée dans 'Les étoiles et les curiosités du Ciel' de Camille Flammarion - 1882, selon l'atlas de Bode

Il semblerait que le mythe d'Orphée ne soit pas propre à la seule culture de la Grèce antique, et qu'il ait des origines plus anciennes, possiblement paléolithiques supérieures, évoquées dès la fin du XIXe siècle par le philologue Charles-Félix-Hyacinthe Gouhier, lequel indiquait l’existence d’un récit semblable chez les Iroquois. « Nous verrions volontiers, dans son voyage aux enfers à la recherche d’Eurydice, une légende remontant jusqu’aux temps paléolithiques et qui, à une époque impossible à préciser, aura été transportée au Canada ». En effet, la constitution dans les années 2000 de bases de données fondées sur le dépouillement et le référencement de milliers de mythes couplées avec un système d’information géographique ont permis de dresser des cartes de répartition des récits et motifs mythologiques à l’échelle de la planète, cartes qui ont montré que la distribution des mythes était loin d’être aléatoire et pouvait servir à reconstruire une histoire des croyances depuis le Paléolithique supérieur.

Lyra Lyre Constellation Hall Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

"Lacerta, Cygnus, Lyra, Vulpecula and Anser", planche 14 du Miroir d'Uranie, un ensemble de cartes célestes accompagnées d'un traité familier d'astronomie par Jehoshaphat Aspin. Londres. Carte astronomique, tirage sur carton. 1825. Eau-forte, coloriée à la main.

Les étoiles de la Lyre

VEGA

Alpha Lyrae est l'étoile la plus brillante de la constellation. Relativement proche de nous à seulement 25 années-lumière, elle est avec Arcturus et Sirius l'une des étoiles les plus lumineuses du voisinage du Soleil. C'est la cinquième étoile la plus brillante du ciel nocturne et la deuxième étoile la plus brillante de l'hémisphère céleste nord, après Arcturus.

Vega a été largement étudiée par les astronomes, ce qui a conduit à la considérer comme « sans doute l'étoile la plus importante du ciel après le Soleil » par Gulliver. Vega était l'étoile du pôle nord vers 12 000 av. J.-C. et le sera à nouveau en 13 727, lorsque sa déclinaison sera de + 86 ° 14 ′. Vega a été la première étoile après le Soleil à être photographiée (sur un daguerréotype le 17 juillet 1850 par William Bond et John Adams Whipple à l'Observatoire du Harvard College)  et la première à avoir son spectre enregistré (Henry Draper, en août 1872, qui montra les premières raies d'absorption dans le spectre d'une étoile, bien que des raies similaires avaient toutefois déjà été identifiées dans le spectre du Soleil. Cet ensemble de douze "lignes très fortes" qui étaient communes à cette catégorie stellaire fut plus tard identifié comme les raies de la série Balmer de l’Hydrogène. Depuis 1943, son spectre est un point d'ancrage stable). C’est aussi l'une des premières étoiles dont la distance a été estimée par des mesures de parallaxe (Friedrich G. W. von Struve). Enfin, elle a servi de ligne de base pour l'étalonnage de l'échelle de luminosité photométrique et était l'une des étoiles utilisées pour définir le point zéro du système photométrique UBV.

Vega n'a que le dixième de l'âge du Soleil, mais comme elle est 2,1 fois plus massive, sa durée de vie est également d’un dixième de celle du Soleil ; ainsi, les deux étoiles s'approchent actuellement du milieu de leur espérance de vie. Sa durée de vie est estimée à environ un milliard d'années, son âge actuel étant d'environ 455 millions d'années. De classe spectrale A0V, Vega appartient à la séquence principale et fusionne l'hydrogène à l'hélium dans son noyau, ce qui lui donne sa couleur blanche teintée de bleu. Lorsqu’elle quittera la séquence principale, Vega se transformera en géante rouge de classe M et perdra une grande partie de sa masse, avant de se transformer en naine blanche.   

Sa luminosité bolométrique est environ 40 fois supérieure à celle du Soleil. Parce qu'elle tourne rapidement et qu'elle est vu presque au pôle, sa luminosité apparente, calculée en supposant qu'il s'agirait de la même luminosité en tout point, est d'environ 57 fois celle du soleil.

 

Vega présente une période de rotation de 12.5 heures, avec une vitesse de rotation radiale de 236 ± 3.7 km/s, ce qui représente 88 % de sa vitesse de destruction, et produit un aplatissement significatif de l’étoile avec un aspect renflé de l'équateur très prononcé, et par conséquent, une variation de température qui atteint un maximum aux pôles (depuis la Terre, Vega est observée depuis la direction de l'un de ses pôles. La gravité de surface locale aux pôles est supérieure à celle de l'équateur, ce qui produit une variation de la température effective de Véga : la température polaire est proche de 10 000 K, tandis que la température équatoriale est d'environ 8 152 K. Cette différence importante de température entre les pôles et l'équateur produit un fort effet d'assombrissement par gravité (théorème de Von Zeipel, qui a pour conséquence que la luminosité locale soit plus élevée aux pôles). Ainsi, si Vega était vu le long du plan de son équateur, sa luminosité globale serait inférieure.

Elle présente par ailleurs une émission excessive de rayonnement infrarouge, liée à la présence d’un disque circumstellaire de poussières. Cette poussière est susceptible d'être le résultat de collisions entre des objets dans un disque de débris en orbite, qui est analogue à la ceinture de Kuiper dans le système solaire. Les étoiles qui présentent un excès infrarouge en raison de l'émission de poussière sont appelées étoiles de type Vega.

La luminosité d'une étoile vue de la Terre est mesurée avec une échelle logarithmique normalisée. Cette grandeur apparente est une valeur numérique dont la valeur diminue avec l'augmentation de la luminosité de l'étoile. Les étoiles les plus faibles visibles à l'œil nu sont de magnitude 6, tandis que la plus brillante du ciel nocturne, Sirius, est de magnitude -1,46. Pendant de nombreuses années, Vega a servi à normaliser l'étalonnage d'échelles de luminosité photométrique absolue, en définissant la magnitude 0 à toutes les longueurs d'onde. Cependant, aujourd’hui le point zéro de magnitude apparente est maintenant défini en termes de flux numérique. Cette approche est d’autant plus pratique que Vega n'est pas toujours visible pour l'étalonnage et que sa luminosité varie.  Ainsi, le système photométrique UBV mesure la magnitude des étoiles à travers des filtres ultraviolets, bleus et jaunes, produisant respectivement des valeurs U, B et V. Vega était l'une des six étoiles A0V utilisées pour définir les valeurs moyennes initiales de ce système photométrique lors de son introduction dans les années 1950. Les magnitudes moyennes de ces six étoiles ont été définies comme suit : U - B = B - V = 0. En effet, l'échelle de magnitude a été calibrée de sorte que la magnitude de ces étoiles soit la même dans les parties jaune, bleue et ultraviolette du spectre électromagnétique. Ainsi, Vega a un spectre électromagnétique relativement plat dans la région « visuelle », cad la gamme de longueurs d'onde de 350 à 850 nanomètres, de sorte que les densités de flux sont à peu près égales (2 000 à 4 000 Jy, cependant, la densité de flux de Vega chute rapidement dans l'infrarouge et est proche de 100 Jy à 5 micromètres).

Les mesures photométriques de Vega durant les années 1930 montraient une variation de faible magnitude, de l'ordre de ± 0,03 magnitudes (environ ± 2,8% de sa luminosité). Cette variabilité étant proche des limites d'observation pour cette époque, cette variabilité était controversée. Il a fallu attendre les années 80 pour confirmer à nouveau cette très légère variabilité, avec des pulsations occasionnelles de faible amplitude associées à une variabilité de type Delta Scuti (Si Vega est bien variable, sa période semble être de 0,107 jours) et 2011 pour mettre une évidence une variabilité à long terme (d'une année à l'autre) de Vega.

Enfin, Vega a la première étoile solitaire de la séquence principale au-delà du Soleil reconnue comme émetteur de rayons X et la première étoile chez qui a été mis en évidence un disque de poussière par excès de rayonnement infrarouge.

La plupart de l'énergie produite au cœur de Vega est générée par le cycle carbone-azote-oxygène (cycle CNO), un processus de fusion nucléaire qui combine des protons pour former des noyaux d'hélium à travers des noyaux intermédiaires de carbone, d'azote et d'oxygène. Ce processus devient dominant à une température d'environ 17 millions de K (ce qui est légèrement supérieur à la température centrale du Soleil), mais est moins efficace que la réaction de fusion par réaction en chaîne proton-proton du Soleil. Le cycle CNO est très sensible à la température, ce qui se traduit par une zone de convection autour du noyau qui répartit uniformément les «cendres» de la réaction de fusion dans la région du noyau. L'atmosphère sus-jacente est en équilibre radiatif. Ceci est en contraste avec le Soleil, qui a une zone de rayonnement centrée sur le noyau avec une zone de convection sus-jacente.

La métallicité (en astronomie, les élément de numéro atomique plus élevé que l'hélium sont appelés « métaux ») de la photosphère de Vega ne représente qu'environ 32% de l'abondance des éléments lourds dans l'atmosphère du Soleil, ce qui veut dire que seulement 0,54% de la fraction de Vega est constitué d'éléments plus lourds que l'hélium, sans que l’on comprenne la raison de la métallicité inhabituellement faible de Véga.

La mesure des rayonnements infrarouges de Véga a différentes longueurs d’ondes ont montré la présence d’un disque de poussières centré sur l'étoile. Ces poussières sont probablement le résultat de collisions entre objets d'un disque similaire à la ceinture de Kuiper dans le système solaire. Des irrégularités dans ce disque suggèrent la présence d'au moins une exoplanète en orbite autour de l'étoile, probablement de la taille de Jupiter.

 

L’origine du nom Vega est incertaine ; il semble que son nom dérive de Wega, une translittération du mot arabe waqi signifiant « tombant », de la phrase 'النسر الواقع (an-nasr al-wāqi‘) mentionnée dans le catalogue d'étoiles d'Al Achsasi al Mouakket, qui se traduit selon les sources par « l'aigle tombant », ou « le vautour plongeant », la constellation étant représentée par un vautour dans l'Égypte antique et par un aigle ou un vautour dans l'Inde antique. Le terme arabe apparut en Occident dans les Tables Alphonsines, qui furent compilées entre 1215 et 1270 sur l'ordre du roi d'Espagne Alphonse X. Plus tard, les astrolabes médiévaux d'Angleterre et d'Europe occidentale nommèrent l’étoile Wega et Alvaca et l'ont dépeinte ainsi qu'Altair comme des oiseaux.

Parmi les peuples du nord de la Polynésie, Vega était connue sous le nom de whetu o te tau, l'Etoile de l’Année. A une certaine période de l'histoire, elle marquait le début de la nouvelle année lorsque le sol devait être préparé pour les semis. Plus tard, cette fonction fut assignée aux Pléiades. Ce rôle temporel est retrouvé dans l'Empire romain, où le début de l'automne commençait lorsque Vega passait sous l'horizon.

Les Assyriens l’appelèrent Dayan-same, le « Juge du Ciel », et les Akkadien Tir-anna, « La Vie du Ciel ». Dans l'astronomie babylonienne, Vega était peut-être nommée Dilgan, « le Messager de la Lumière ».

En chinois, 織女 (Zhī Nǚ) est un astérisme composé de Vega, ε Lyrae et ζ1 Lyrae qui signifie « la Tisserande ». De là, Vega est  織女 一 (Zhī Nǚ yī), « la Première Etoile de la Tisserande ». Il est raconté en Chine une histoire d'amour de Qixi (七夕, la Saint Valentin chinoise) dans laquelle Niulang (牛郎, Altair) et ses deux enfants (β Aquilae et γ Aquilae) sont séparés de leur épouse et mère Zhī Nǚ (Vega), qui se trouve de l'autre côté de la rivière, la Voie lactée. Cependant, un jour par an, le septième jour du septième mois du calendrier luni-solaire chinois, les pies forment un pont cémeste afin que Niulang et Zhinü puissent être à nouveau réunis pour une brève rencontre. Le Japon célèbre également cette fête sous le nom de Tanabata, célébrant la rencontre de Orihime (Véga) et Hikoboshi (Altaïr).

Le peuple indigène Boorong du nord-ouest de Victoria l'appelait Neilloan, « le leipoa volant » (Le Léipoa ocellé est une espèce d'oiseau endémique de l'Australie vivant au sol, sensiblement de la taille d'un poulet domestique. C'est la seule espèce vivante du genre Leipoa) et dans la mythologie hindoue, Vega était appelé Abhijit et est mentionné dans le Mahabharata Vana Parva (Chap. 230, versets 8–11). Abhijit (Hindi: अभिजित) est la 22ème Loge Lunaire des Nakshatra. Un Nakshatra (Sanskrit: नक्षत्र, IAST: Nakṣatra) est le terme qui désigne les Loges Lunaires dans l'astrologie hindoue et l'astronomie indienne et qui correspondent aux 28 (parfois aussi 27) secteurs le long de l'écliptique. Leurs noms sont liés à une étoile proéminente ou à des astérismes dans ou à proximité des secteurs respectifs. Ainsi, Abhijit est le nom sanscrit de Vega, l'étoile la plus brillante de la constellation nord de la Lyre, et signifie « le Victorieux » ou « celui qui ne peut pas être vaincu ». Dans le Mahabharata (Harivamsa), Krishna est né sous les auspices de ce Nakshatra.

Lyra Constellation Bayer Jean-Brice GAYET

Gravure du 17e siècle de la Lyre extraite de l'Uranométrie, un atlas d'étoiles publié en 1603 par l'astronome allemand Johann Bayer (Uranometria Omnium Asterismorum). Il contenait un total de 51 cartes d'étoiles, tracées en utilisant les observations les plus précises de l'époque. Ce fut le premier atlas d'étoiles à utiliser des grilles de référence sur ses cartes, et le premier à utiliser des lettres grecques pour identifier des étoiles individuelles, bien qu'il ait conservé les représentations mythologiques traditionnelles des constellations.

Sheliak

 

β Lyrae, officiellement nommée Sheliak (et parfois traditionnellement Shelyak ou Shiliak), par translittération de l’arabe: الشلياق (ash-Shiliyāq, šiliyāq ou Al Shilyāk) est un système d'étoiles multiples distant d'environ 960 années-lumière (290 parsecs) du Soleil. Bien qu'il apparaisse comme un point lumineux unique à l'œil nu, il se compose en fait de six composantes d'une magnitude apparente de 14,3 ou plus. Le composant le plus brillant, Beta Lyrae A, est lui-même un système triple, composé d'une paire binaire éclipsante (Aa) et d'une étoile (Ab). Les deux composants de la paire binaire sont désignés Beta Lyrae Aa1 et Aa2. Les cinq composants supplémentaires, désignés Beta Lyrae B, C, D, E et F, sont actuellement considérés comme des étoiles simples.

 

Dans l'astronomie chinoise, le nom chinois de Beta Lyrae est 漸 台二 (Jiāntāièr) « la Deuxième Etoile de la Terrasse de la Clepsydre », fait référence à l’astérisme Tsan Tae (漸 台 (Jiāntāi), « la Terrasse de la Clepsydre », composé de Beta Lyrae, Delta² Lyrae, Gamma Lyrae et Iota Lyrae.

Beta Lyrae Aa est un système binaire semi-détaché composé d'une étoile primaire de classe B6-8 et d'une étoile secondaire qui est probablement aussi une étoile de type B. L'étoile la plus faible et la moins massive du système était autrefois le composant le plus massif du couple, ce qui l'a amené à s'éloigner de la séquence principale pour devenir une étoile géante. Le couple étant sur une orbite proche, lorsque cette étoile s'est développée en une géante, elle a rempli son Lobe de Roche et a transféré la majeure partie de sa masse à son compagnon (Le lobe de Roche est la région autour d'une étoile dans un système binaire à l'intérieur de laquelle le matériau en orbite est lié gravitationnellement à cette étoile. C'est une région approximativement en forme de larme délimitée par un équipotentiel gravitationnel critique, avec le sommet de la larme pointant vers l'autre étoile (le sommet est au point lagrangien L1 du système)). Le lobe de Roche est différent de la sphère de Roche, qui se rapproche de la sphère d'influence gravitationnelle d'un corps astronomique face aux perturbations d'un corps plus massif autour duquel il orbite. Il est aussi différent de la Limite de Roche, qui est la distance à laquelle un objet maintenu uniquement par la gravité commence à se briser en raison des forces de marée. Le Lobe de Roche, la limite de Roche et la sphère de Roche portent le nom de l'astronome français Édouard Roche).

L'étoile secondaire, maintenant plus massive, est entourée d'un disque d'accrétion issu de ce transfert de masse, avec des caractéristiques bipolaires en forme de jet se projetant perpendiculairement au disque. Ce disque d'accrétion bloque l’étude du compagnon, abaissant sa luminosité apparente et rendant difficile la détermination de son type stellaire. La quantité de masse transférée entre les deux étoiles est d'environ 2 × 10−5 masses solaires par an, soit l'équivalent de la masse du Soleil tous les 50000 ans, ce qui entraîne une augmentation de la période orbitale d'environ 19 secondes par an. Le spectre de Beta Lyrae montre les raies d'émission produites par le disque d'accrétion, ce-dernier produisant environ 20% de la luminosité du système.

En 2006, les progrès de l’optique adaptative ont permis de détecter un potentiel troisième compagnon, Beta Lyrae Ab, détecté à une séparation angulaire de 0,54" avec une magnitude différentielle de +4,53. La différence de magnitudes suggère que sa classe spectrale se situe dans la gamme B2-B5 V. Ce compagnon ferait de Beta Lyrae A un triple système hiérarchique.

La luminosité variable du système a été découverte en 1784 par l'astronome amateur britannique John Goodricke. Le plan orbital de Beta Lyrae étant presque aligné avec la ligne de vue de la Terre, les deux étoiles s'éclipsent périodiquement, ce qui amène Beta Lyrae à changer régulièrement de magnitude apparente (de +3,2 à +4,4) sur une période orbitale de 12,9414 jours. Beta Lyrae forme le prototype d'une classe de binaires ellipsoïdaux à éclipses de « contact ».

Les deux composants sont si proches l'un de l'autre qu'ils ne peuvent pas être résolus avec des télescopes optiques (binaire spectroscopique). En 2008, l'étoile primaire et le disque d'accrétion de l'étoile secondaire ont été résolus et imagés à l'aide de l'interféromètre CHARA Array et du Michigan InfraRed Combiner (MIRC) dans la bande H proche infrarouge (voir vidéo ci-dessous), permettant d’accéder pour la première fois aux éléments orbitaux du sytème.

Eclipsing Binary Beta Lyrae CHARA Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

Delta Lyrae

Contrairement à Zeta et Epsilon Lyrae, Delta Lyrae est un double optique, les deux étoiles se trouvant le long de la même ligne de visée à l'est de Zeta. Le compagnon le plus lumineux et le plus proche des deux, Delta2 Lyrae, est une géante rouge brillante de 4ème magnitude qui varie semi-régulièrement d'environ 0,2 magnitudes avec une période dominante de 79 jours, tandis que le plus faible, Delta1 Lyrae, est une binaire spectroscopique constituée d'un primaire de type B et d'un secondaire inconnu. Les deux systèmes ont des vitesses radiales très similaires et sont les deux membres les plus brillants d'un amas ouvert clairsemé connu sous le nom d'amas Delta Lyrae. Au sud de Delta se trouve Gamma Lyrae, une géante bleue et la deuxième étoile la plus brillante de la constellation. À environ 190 parsecs de distance, elle a été qualifiée d'étoile "superficiellement normale".

L'amas de Delta Lyrae est un amas d'étoiles clairsemé et ouvert situé à environ 1 220 années-lumière centré sur l'étoile Delta2 Lyrae d’après laquelle il a été nommé.  Cet amas a été détecté pour la première fois en 1959 par l'astronome américain Charles B. Stephenson, et présente au moins 33 membres.  Il a une magnitude visuelle de 3,8 et s'étend sur un diamètre angulaire de 20 minutes d'arc. Le rayon de marée de l'amas est de 38 années-lumière (11,5 pc) et sa masse combinée estimée est de 589 fois la masse du Soleil. Sur la base de son âge estimé et de son mouvement dans l'espace, il peut être associé à la ceinture de Gould.

La ceinture de Gould est un anneau partiel d'étoiles de la Voie lactée, d'environ 3000 années-lumière de diamètre, incliné sur le plan galactique d'environ 16 à 20 degrés. Il contient de nombreuses étoiles de type O et B et est peut-être le bras spiral local auquel appartient le Soleil - actuellement, le Soleil est à environ 325 années-lumière du centre du bras. La ceinture aurait entre 30 et 50 millions d'années mais son origine est inconnue. Elle est nommée d'après Benjamin Gould, qui l'a identifié en 1879. Elle contient les étoiles brillantes de nombreuses constellations, comprenant (de l’Ouest vers l'est) Céphée, le Lézard, Persée, Orion, le Grand Chien, la Poupe, la Voile, la Carêne, la Croix du Sud, Le Centaure, le Loup, et le Scoprion. La portion visible de la Voie Lactée traverse la plupart de ces constellations, mais un peu au sud-est du Loup.

Aladfar

η Lyrae est le composant principal ou «A» d'un système triple d’étoiles situé à environ 1 390 années-lumière du Soleil. Eta Lyrae est elle-même une binaire spectroscopique avec des composants désignés Aa, formellement nommé Aladfar, et Ab.

Aladfar est une translittération de l'arabe الأظفر al-ʼuẓfur « les Serres (de l'aigle piquant) », un nom qu'elle partage avec Mu Lyrae (bien que cette-dernière soit plutôt orthographiée Alathfar).

 

Eta Lyrae appartient à la classe spectrale B2.5IV et a une magnitude apparente de +4,40. Il s'agit d'un binaire spectroscopique à une seule raie, avec une très faible variation de vitesse radiale, estimée à 2,8 km/s. Sa période orbitale est de 56,4 jours.

Alathfar

μ Lyrae est une étoile solitaire dont le nom traditionnel est elle aussi une translitération de l'arabe الأظفر al-ʼuẓfur « les serres (de l'aigle piquant) », un nom qu'elle partage avec Eta Lyrae, orthographiée « Aladfar » par l'UAI . Etoiles de teinte blanche et visible à l'œil nu comme un faible point de lumière avec une magnitude visuelle apparente de 5,11, elle est situé à environ 412 années-lumière du Soleil mais se rapproche de nous avec une vitesse radiale de -24 km / s.

Alathfar a évolué hors de la séquence principale pour devenir une sous-géante de classification stellaire A0 IV. Elle présente une vitesse de rotation assez élevée, avec une vitesse de rotation projetée de 165 km/s, ce qui lui donne un renflement équatorial estimé à 17%. Elle fait 3 masses solaires et environ 4,5 fois rayons solaires. Sa photosphère à une température effective de 9 016 K et elle rayonne 200 fois la luminosité du Soleil.

 

Xihe

HD 173416 est une étoile géante de masse intermédiaire magnitude 6, relativement brillante malgré sa distance d'environ 440 années-lumière de la Terre.  HD 173416 a été appelée Xihe (羲 和), nom choisi dans la campagne NameExoWorlds de Nanjing lors du 100e anniversaire de l'Union Astronomique Internationale (UAI). Xihe est la déesse du soleil dans la mythologie chinoise et représente également les premiers astronomes et inventeurs de calendriers de la Chine ancienne.

Elle a une place particulière dans le cœur des astronome chinois et japonais, car une planète y a été découverte en janvier 2009 par la méthode des vitesses radiales lors de programmes de recherche menés à partir de la station Xinglong en Chine et de l'Observatoire astrophysique d'Okayama (OAO) au Japon.

Lyra Lyre Bode Constellation Jean-Brice GAYET Ciel de nuit

La Lyre(Lyra) vu par l'astronome allemand Johann Elert Bode (1747-1826) en 1801. Sur 20 grandes gravures sur cuivre Bode a inclus plus de 17 000 étoiles, bien plus que n'importe quel atlas précédent. Il y a représenté plus de 100 constellations, contre 88 officiellement reconnues aujourd'hui. Certains qui sont apparus dans cet atlas pour la première fois, mais qui ne sont pas officiellement reconnus aujourd'hui, comprennent le chat, la presse à imprimer, le ballon Montgolfier et le générateur électrique (constellations alors récemment inventées par Hevelius et Lacaille). Bode avait également inclus 2 500 « nébuleuses », cataloguées par William Herschel.

Pluies de Météorites

Les LYRIDES

 

Les Lyrides désignent un essaim d'étoiles filantes qui débute le 16 avril et finit le 26 avril de chaque année avec un maximum d'activité le 22 avril. 

Le radiant de cet essaim se situe dans la constellation de la Lyre, c'est pourquoi on le nomme aussi « Alpha Lyrides » ou « Lyrides d'avril ».

Ce radiant se décale progressivement vers la constellation d'Hercule. La source de cet essaim est la comète périodique C/1861 G1 (Thatcher). Les Lyrides sont observées depuis plus de 2600 ans.

La pluie d'étoiles filantes du 22 mai -687  (calendrier julien proleptique), fut observée par Zuo Zhuan, qui la décrivit ainsi :

« En ce jour d'été du xīn-mǎo du 4e mois de la 7e année du roi Zhuang de Lu, à la tombée de la nuit, les étoiles fixes sont invisibles, à minuit, les étoiles tombèrent comme la pluie. »

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Le pic d'activité de l'essaim se situe entre le 22 avril et le matin du 23 avril. On compte généralement entre 5 et 20 météores par heure, en moyenne 101. 

Les Lyrides ont généralement une magnitude visuelle de +2. Toutefois, certains de ces météores peuvent être plus brillants, connus sous le nom de « boules de feu des lyrides », pouvant même projeter une ombre et laisser derrière eux un rémanent de trainée de plusieurs minutes.

Le calendrier julien proleptique est produit en rétropolant le calendrier julien aux dates antérieures à son introduction officielle en 45 av. J.-C. En utilisant le système de numération romaine, qui n'inclut pas zéro, il est traditionnel pour représenter les années précédant 1 en tant que « 1 av. J.-C. », etc. Dans ce système, 1 av. J.-C. serait une année bissextile, bien que les années bissextiles réellement utilisées entre 46 av. J.-C. et 4 aient été erratiques. En utilisant un système de numération qui inclut zéro, il est plus commode d'inclure une année zéro et de représenter les années antérieures en tant que négatif. C'est la convention utilisée dans le calendrier julien astronomique. Dans ce système, l'année 0, équivalant à 1 av. J.-C., est une année bissextile.

Les Lyrides en 2020, une image de Petr Horálek  consacrée Astronomy Picture of the Day le 12 mai 2020

Lyre UAI Jean-Brice GAYET ciel de nuit

Roger Sinnott & Rick Fienberg, Sky and Telescopes